5G : Ericsson atteint les 5 Gbit/s en labo

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Ericsson a fait la démonstration auprès de SK Telecom et NTT Docomo de ses technologies 5G. Bien en amont du standard, l’équipementier veut émuler l’écosystème de la future norme mobile.

Alors que la 5G n’est pas attendue avant 2020 et n’a même pas commencé son processus de standardisation, les équipementiers proposent déjà des démonstrations à leurs futurs clients potentiels. C’est notamment le cas de Ericsson qui, dans son laboratoire de Kista en Suède, a atteint les 5 Gbit/s de bande passante à une fréquence de 15 GHz, a annoncé l’équipementier le 2 juillet.

Soit environ 33 à 50 fois ce que la 4G LTE offre aujourd’hui (en 100 ou 150 Mbit/s) ou 16 fois ce que le LTE-A à 300 Mbit/s sera en mesure d’apporter. Une capacité taillée pour transporter rapidement de fort volumes de données.

En présence de SK Telecom et NTT Docomo

La démonstration s’est effectuée en présence des opérateurs japonais NTT Docomo et coréen SK Telecom. Avec respectivement 50% et 30% d’adoption de la 4G LTE, la Corée et le Japon s’inscrivent comme des pays en pointe sur l’adoption de la future 5G. La Corée notamment, premier pays à avoir ouvert un réseau LTE-A il y a un an, affiche de grandes ambitions sur la prochaine génération de technologie mobile. Le gouvernement local a récemment annoncé un plan d’investissement de 1,1 milliard d’euros dans la mise en place de réseaux 5G. Par ailleurs, Ericsson avait annoncé, en mai dernier, son intention de mener des expérimentations en extérieur sur le réseau de NTT Docomo visant à atteindre les 10 Gbit/s en 15 GHz de fréquences.

Néanmoins, dans le Mobility Report de juin, Ericsson prévoit également que le marché nord-américain sera mûr pour la 5G alors qu’il estime que 85% des souscriptions mobiles y seront consacrées à la 4G en 2019.

Commencer à créer la demande

Les développements de l’entreprise suédoise sur la 5G se concentrent sur de nouvelles générations d’antennes dotées de technologies MIMO (Multiple-Input Multiple-Output), des bandes passantes plus larges, des fréquences plus hautes (15 GHz) et des intervalles de transmission raccourcis… Côté réseau, la 5G pourrait s’appuyer sur des réseaux hétérogènes à base de cellules macro et micro (small cell) et bénéficier de réseaux de transports (backhaul) plus performants.

Même si les choix technologiques d’Ericsson, notamment en matière de bande de fréquence de fonctionnement retenue, ne prévalent pas nécessairement du futur standard, « il est important pour les fournisseurs d’équipements réseaux de démontrer le potentiel de la 5G comme un moyen pour commencer à créer une demande dans l’écosystème des communications », commente l’analyste d’IDC Sathya Atreyam. Et, au passage, tenter de se distinguer de la concurrence. Laquelle s’active. Nokia et NTT Docomo renforcent leur collaboration, Huawei va consacrer 600 millions d’euros et ZTE mise sur une architecture maillée. Seul Alcatel-Lucent semble rester discret sur ses avancées en matière de 5G.


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