5G : le Royaume-Uni se donne 7 ans pour écarter Huawei

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Boris Johnson est attaqué jusque dans son propre camp après l’annonce de la feuille de route du Royaume-Uni pour écarter Huawei des réseaux 5G.

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C’est désormais officiel : le Royaume-Uni entend éliminer complètement Huawei de ses réseaux 5G.

Ce 14 juillet 2020, le ministre de la Culture Oliver Dowden a détaillé, devant le Parlement, la feuille de route envisagée.

Une première étape interviendra le 31 décembre 2020. Au-delà de cette date, il ne sera plus possible d’acquérir des équipements Huawei. Le matériel 5G déjà installé devra être retiré pour 2027, a décidé Downing Street. Ceux des générations précédentes (2G, 3G, 4G) pourront en revanche être conservés jusqu’à leur fin de vie.

Oliver Dowden le reconnaît : une telle démarche induira deux à trois ans de retard sur le déploiement de la 5G. Et jusqu’à 2 milliards de livres de surcoûts.

Son annonce, affirme-t-il, fait suite à une « étude technique » réalisée avec le Centre national de cybersécurité (NCSC). Celle-ci a démontré qu’on ne pouvait considérer les équipements Huawei comme sûrs au regard des sanctions que les États-Unis ont imposées en mai au groupe chinois. Ils lui ont en l’occurrence interdit d’exploiter tout composant – matériel ou logiciel – made in USA.

Washington jubile

Secrétaire américain aux Affaires étrangères, Mike Pompeo se réjouit de cette issue. Il évoque une « avancée pour la sécurité transatlantique ».

Liu Xiaoming, ambassadeur de Chine au Royaume-Uni, déplore une « mauvaise décision ». Et craint que les Britanniques subissent, en conséquence, un accroissement de la fracture numérique.

Huawei s’estimait encore récemment en capacité de continuer à fournir le Royaume-Uni, en dépit des sanctions américaines. Ainsi aurait-il stocké un demi-million d’équipements.

Pour ses clients, la situation est déjà particulièrement tendue depuis janvier 2020 et les restrictions décrétées par le gouvernement Johnson. D’une part, une limitation de la contribution de Huawei à 35 % du total des équipements constituant le réseau 5G national. D’autre part, l’interdiction de fournir du matériel pour les parties « stratégiques » dudit réseau.

Londres a pris divers engagements vis-à-vis des principaux opérateurs, qui ont brandi le risque de perturbations si le timing* pour se débarrasser de Huawei était trop court. BT, par exemple, estime pouvoir remplir le contrat sous 5 ans pour la 5G, mais affirme qu’il faudra au moins 10 ans pour les équipements d’anciennes générations.

5G : la question économique

En toile de fond, l’accroissement des tensions entre le Royaume-Uni et la Chine. La pression que cette dernière exerce sur Hong Kong n’y est pas étrangère. La question de la sécurité maritime dans la mer de Chine non plus.

L’Institut national de recherche économique et sociale (NIESR) a prévenu : en cas de réplique de Pékin sur le dossier 5G, le PIB pourrait chuter de 0,75 % et l’inflation, augmenter de 0,6 %.

Une étude du cabinet Assembly réalisée pour le compte de Mobile UK (association d’opérateurs) conclut à un surcoût potentiel de 4,5 à 6,8 milliards de livres. Les zones rurales seraient les principales « victimes ».

* Le timing déplaît à certains élus conservateurs, qui demandent en outre un bannissement complet de Huawei sur l’ensemble des réseaux télécoms du pays. L’ancien chef du parti Iain Duncan Smith emmène une coalition d’une soixantaine de ces « frondeurs ». Assez pour potentiellement menacer les plans du gouvernement en ralliant l’opposition (la majorité dispose de 80 sièges au Parlement).

Photo d’illustration © Alexey Fedorenko – Fotolia

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