Assistant vocal : A quoi ressemblera Alexa d’Amazon demain ?

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Le géant de l’e-commerce travaille à rendre la conversation avec son agent virtuel plus fluide… et plus riche pour ses annonceurs.

Amazon entend proposer aux utilisateurs Alexa, son agent conversationnel, une expérience aussi fluide qu’il a pu le faire dans l’e-commerce avec la commande en un clic, Amazon Prime ou Amazon Go. C’est-à-dire en réduisant au maximum les frictions.

Intervenant cette semaine à la World Wide Web Conference de Lyon, Ruhi Sarikaya, responsable du volet machine learning d’Alexa a dévoilé dans un billet les contours que devrait pendre à l’avenir Alexa.

L’objectif premier est de rendre la conversation avec la machine plus fluide. Tout d’abord, il ne sera plus nécessaire d’évoquer le nom d’Alexa quand une question succède à une autre. Ce qui rendra le dialogue moins haché. Par exemple : « Alexa, quel est le temps à Portland ? », « Combien de temps faut-il pour y arriver? ». L’assistante virtuelle saura analyser le contexte qui relie les questions et enchaîner deux traitements, en l’occurrence la météo puis le trafic routier.

Doté de plus de mémoire, Alexa servira aussi de pense-bête. L’utilisateur pourra lui demander de se souvenir d’informations et de le lui rappeler le moment venu. Par exemple : « Alexa, souviens-toi que l’anniversaire de Sean est le 20 juin. » Cette fonctionnalité qui sera mise en œuvre dès cette année est déjà proposée par l’assistant de Google.

Le nouveau marché du « search » vocal

Comme toujours avec Amazon, les préoccupations pécuniaires ne sont jamais très loin et le géant de l’e-commerce veut aussi profiter de la future intelligence contextuelle d’Alexa pour placer des produits. Dans une version bêta, l’assistante est déjà en mesure de répondre à la question « Alexa, comment enlever une tache d’huile sur ma chemise ? » « Voici Tide Stain Remover ». Du nom d’une célèbre marque de détergent aux États-Unis.

On imagine très facilement le marché du « search » vocal qui s’offre à Amazon, avec un modèle publicitaire proche du système de mise en enchères de Google et des ses mots-clés. Amazon pourra jouer aussi sur les synergies avec son activité de cybermarchand (promotions, livraison).

Selon Ruhi Sarikaya, plus de 40 000 compétences ont déjà été développées par des entreprises tierces pour « enrichir » l’expérience d’Alexa. Ces Alexa Skills permettent déjà, aux États-Unis, de commander un Uber ou de consulter le solde de son compte bancaire.

Pour réussir le fameux test de Turing. A savoir « parler » à un humain sans que ce dernier ne s’aperçoive qu’il a une machine pour interlocuteur, Alexa devra encore faire des efforts. Pour l’expert en data science, Amazon a de nombreux défis technologiques à relever dans la reconnaissance automatique de la parole, la compréhension du langage parlé, la synthèse vocale ou la gestion de dialogues personnalisés.


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