Accès fibre: l’Arcep réitère son incitation à des investissements mutualisés

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Cette mutualisation des infrastructures vise à jouer un rôle fondamental,
souligne le président du régulateur

Alors que les projets de lancements d’offres d’accès haut débit sur fibre optique se multiplient en France (FFTH ou FFTB), l’Arcep, le gendarme des télécoms a souligné une fois encore l’enjeu stratégique de la mutualisation des investissements dans les infrastructures afin de favoriser le marché.

A l’occasion d’un colloque sur ‘Les champs de confrontation de l’audiovisuel de demain’ organisé par La Tribune et NPA Conseil, le président de l’Autorité, Paul Champsaur, a d’abord souligné que “la fibre optique est considérée comme le mode d’accès privilégié, impliquant une nouvelle rupture technologique dans la boucle locale . Le déploiement de nouveaux réseaux d’accès fibre déployés jusqu’à l’abonné, FTTH, et dans une moindre mesure ceux déployés jusqu’en pied d’immeuble, FTTB, apparaissent en effet comme inéluctables à terme”.

Le président de l’Arcep précise par ailleurs que la France n’accuse aucun retard et des initiatives d’opérateurs sont à prévoir à court comme à moyen terme en zones d’activité et en zones résidentielles”

Mais ce dynamisme pourrait être freiné par les énormes investissements exigées pour cette technologie, notamment pour le génie civil. Selon l’Idate, il faudra d’abord débourser 10 milliards d’euros pour couvrir 40% de la population urbaine. 30 milliards supplémentaires seront nécessaires pour couvrir les 60% restant de la population des zones urbaines. L’institut estime que le génie civil représentera 65% à 70% du coût de déploiement d’un réseau très haut débit en fibres optiques. Du lourd!

“Toutefois, à l’exception de certains cas particuliers, comme la ville de Paris dont le réseau d’égouts visitables diminue significativement le coût de déploiement des réseaux très haut débit, l’équation économique paraît difficile : d’une part, les investissements pour développer un réseau de très haut débit sont conséquents et, d’autre part, se pose également la question des revenus additionnels pour rentabiliser ces réseaux.

Pour favoriser une concurrence loyale et pérenne, seule une concurrence par les infrastructures est à même de réellement assurer sur le long terme les bénéfices attendus de la concurrence en termes de baisse des prix et d’innovation.

Par conséquent, pour permettre aux différents acteurs d’entrer sur ce marché et éviter que les investissements précités ne constituent une barrière insurmontable à ce déploiement, la mutualisation des infrastructures de génie civil et de câblage des immeubles est amenée à jouer un rôle fondamental. Les Pouvoirs publics, et en particulier les collectivités territoriales, ainsi que l’ARCEP seront donc conduits à inciter et accompagner un déploiement mutualisé dans les meilleures conditions”.

C’est d’ailleurs la conclusion de la consultation publique lancée en avril dernier par le ministère de l’Industrie.

“La quasi-totalité des acteurs (qui ont répondu) considère que des efforts de mutualisation du réseau sont indispensables. Sinon, la couverture d’une grande partie du territoire ne sera pas rentable ou pas concurrentielle” , peut-on lire dans la synthèse.

Mais cette vision du marché n’est pas partagée par tous, et notamment par France Télécom. L’opérateur historique, qui a débuté des expérimentations à Paris et en banlieue estime “qu’aucune mesure n’est nécessaire”.

Le ministre de l’Industrie, François Loos, table sur 4 millions de foyers connectés à cette technologie d’ici 2012.

L’importance des contenus 50 Mb/s voire 100 Mb/s grâce à la fibre optique: les débits vont exploser. Mais pour quels usages ? Cette technologie doit d’abord permettre de partager la connexion au sein d’un foyer afin de profiter confortablement d’un accès Internet rapide et la TVIP en HD par exemple. Mais cela ne sera pas suffisant. “Il apparaît que les services axés sur la mise à disposition de contenus (télévision haute définition, vidéo à la demande) et les revenus liés à l’image représenteront certainement la source la plus crédible de revenus et donc un des relais de croissance face à l’érosion des revenus traditionnels liés à la voix et plus généralement aux communications interpersonnelles. Dans ces conditions, les secteurs du contenu et des télécommunications seront amenés à toujours plus se rencontrer et nous devons nous placer dans une perspective résolument dynamique.Le développement du très haut débit constitue en effet et avant toute chose une opportunité supplémentaire de valorisation des contenus”.

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