Acer, Asus et HP, les premiers partenaires de Google Chrome OS

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Malgré l’effet d’annonce, Google est loin d’avoir gagné la partie des systèmes d’exploitation. D’où l’intérêt de construire son écosystème en amont.

Google ne perd pas son temps. A peine annoncé le projet Chrome OS, Google dresse déjà la liste des constructeurs partenaires qui l’aideront à développer son système d’exploitation.

Selon un message de Sundar Pichai, vice-président et responsable produits, Acer, ASUS, Hewlett-Packard, Lenovo et Toshiba participeront aux développements de Chrome OS, notamment pour la mise au point des pilotes (drivers). Dell, mais aussi Fujitsu, sont les grands absents de la liste.

Les fabricants de puces (notamment sous architecture ARM) Freescale, Qualcomm et Texas Instruments se joignent au réseau de partenaires. Notons qu’Intel (et par extension AMD) brille par son absence. Pourtant, Chrome OS sera développé pour les plates-formes ARM et x86. Pour l’heure, un seul éditeur, mais de taille, apportera sa contribution au projet : Adobe (probablement autour des technologies d’environnement d’exécution Flash et AIR). Qu’en sera-t-il de Java? Trop tôt pour le dire.

Rappelons que derrière Chrome OS, Google développera un système d’exploitation directement concurrent de Windows. Même si Google déclare vouloir viser le marché des netbooks, l’entreprise de Mountain View stipule bien que Chrome OS pourra tourner sur un ordinateur de bureau puissamment configuré.

Le marché des netbooks est donc un moyen stratégique d’attaquer Redmond. Il sera en effet difficile – mais pas impossible – de détrôner Windows sur les machines de bureau et les portables. Apple s’y essaie depuis l’arrivée de Mac OS X il y a une petite dizaine d’année avec le succès que l’on sait : Apple détient environ 5 % du marché (si Cupertino libérait son OS de ses machines, ses parts de marchés seraient peut-être meilleures…).

D’où l’intérêt de Google de s’intéresser à un marché grandissant : les netbooks. Selon iSuppli, il se vendra 22 millions de mini notebooks en 2009 et 30 millions en 2010. Probablement plus en 2011, etc. Cependant, certaines solutions adoptent des processeurs ARM, économes en énergies, pour lesquels Microsoft n’a pas jugé intéressant de porter Windows. Google profite de cet espace inoccupé par son concurrent pour tenter de créer un marché.

Il restera cependant à vérifier la capacité de Google à adresser ce marché. D’où l’importance de l’écosystème que Google met en place avec les constructeurs clés et (un) éditeur. Mais la route promet d’être longue. D’abord parce que les 30 millions de netbooks en 2010 ne représenteront qu’une goutte d’eau du milliard de PC connectés à Internet dans le monde. La part de Chrome OS sur le marché des systèmes d’exploitation restera donc insignifiante.

Ensuite, Google devra montrer sa capacité à réussir là où nombre de distributions Linux (y compris celles développées par les constructeurs pour leurs machines comme Acer ou Asus) ont échoué. Construit sur le noyau Linux, Chrome OS sera après tout une distribution libre supplémentaire. Du coup, Google pourrait bien venir concurrencer les Mandriva et autres Ubuntu qui taillent leurs OS à la mesure des netbooks plus que Microsoft directement. Ce dernier devra cependant prouver que Windows 7 sera en mesure de tourner plus que correctement sur les ultra portables pour continuer à dominer ce marché. L’éditeur de Redmond ne pourra indéfiniment pas repousser le support de Windows XP pour maintenir sa domination sur le marché des netbooks.


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