ADSL, Happy Zone : SFR dévoile sa nouvelle stratégie

Régulations

L’opérateur veut mettre le mobile au centre d’un éventail de nouvelles
offres, une stratégie baptisée ‘mobile centric’

Pour SFR, l’objectif est clair : élargir son périmètre naturel d’activité et ainsi actionner de nouveaux leviers de croissance. Afin d’atteindre ce but, la filiale de Vivendi et de Vodafone dévoile aujourd’hui sa stratégie ‘mobile centric’ avec le mobile comme pivot de nouveaux services plus ou moins convergents.

SFR est parti d’un constat simple. Le taux de pénétration du mobile en France est l’un des plus faible d’Europe (80% contre 100% en moyenne). Il y a donc un potentiel de 12 millions de clients… Par ailleurs, l’usage voix et data du mobile est en constante augmentation, notamment à domicile (78% des appels passés par les abonnés depuis leur domicile le sont à partir de leur mobile). Enfin, 46% des ‘foyers’ SFR ont un accès ADSL.

Le groupe entend donc mettre en place une offre permettant la continuité d’usage. En clair: que le mobile SFR suive l’abonné en fonction de ses usages.

Happy Zone

La première brique de cette nouvelle stratégie est l’offre Happy Zone dont le but est limpide: pousser les Français à abandonner leurs abonnements au fixe de France Telecom.

Concrètement, avec son mobile classique SFR, l’on pourra appeler gratuitement et de façon illimitée tous les numéros fixes depuis son domicile et son quartier, 24h24, 7j/7. Ce service sera proposé à 15 euros par mois et sera d’abord expérimenté dans les Bouches-du-Rhône et la Haute-Garonne avant un lancement national en 2007.

L’opérateur vient ainsi concurrencer les nouvelles offres convergentes de Neuf Cegetel (Twin) et d’Orange (Unik) qui permettent avec le même combiné de passer des appels fixes à domicile et mobiles à l’extérieur.

SFR souligne que l’abonné n’a pas à changer de combiné et que l’offre ne nécessite pas une offre ADSL VoIP comme ses concurrents. “ce n’est pas une offre technologique comme celle de nos concurrents, en plus sa zone de couverture est plus large. Le mobile est le pivot de l’offre et non-pas la box, la convergence passe donc par l’individu et non pas par le foyer”, insiste Frank Esser, p-dg du groupe.

L’opérateur est convaincu du succès de cette offre simple qui ‘valide’ l’usage intensif du mobile à domicile en y combinant l’illimité que l’on retrouve dans la VoIP. “Ce type d’offre a été lancé il y a quatre ans en Allemagne, elle rassemble déjà deux millions de clients. En France, elle visera les 13,5 millions de foyers qui n’ont pas d’accès ADSL (et donc à la téléphonie fixe gratuite) et qui payent leur abonnement France Télécom”, ajoute Esser.

ADSL

Depuis ce mardi, SFR est l’heureux propriétaire des activités fixes et ADSL de Tele2 France, soit respectivement 3 millions et 300.000 abonnés. On sait depuis longtemps que l’opérateur souhaite lancer une offre ADSL, ce sera le cas en avril prochain. Elle sera notamment distribuée dans les boutiques Espace SFR.

SFR lancera une offre triple-play sous son nom et incluant la base d’abonnés de Tele2. Le but est de conserver dans un premier temps les 300.000 abonnés du FAI. Des synergies fixe-mobile grâce aux relations étroites entre Neuf Cegetel et SFR seront mises en place.

Mais pour le moment, SFR, en tant que premier actionnaire de Neuf, n’envisage pas de fusionner les deux bases de clients ADSL, et ainsi prendre à Free la deuxième position du marché. “Nous gagnerons plus à proposer deux offres distinctes, les deux marques sont fortes, il n’est donc pas pertinent pour le moment de proposer une offre globale“, explique Frank Esser.

Avec l’ADSL, SFR veut être en mesure de proposer aux abonnés deux manières de quitter France Télécom: utiliser le mobile via l’offre Happy Zone ou la VoIP via le triple-play. “C’est une stratégie de substitution”, souligne le p-dg.

Par contre, concernant le Wimax, SFR n’a pas donné plus de détails sur sa stratégie. Mettra-t-il en place une offre nomade à très haut débit ? L’opérateur est en effet détenteur d’une licence en Ile-de-France et dans la région PACA. Mais une telle offre mettrait en danger les forfaitsb 3G et 3G+ de l’opérateur. Des forfaits qui commencent à décoller avec 1,6 million de clients à fin juin.

Prise de contrôle de Neuf : pas à l’ordre du jour

Pressé de questions sur la montée de SFR dans le capital de Neuf Cegetel, Frank Esser, p-dg de l’opérateur mobile, est resté vague.

Depuis septembre, SFR est le premier actionnaire de Neuf Cegetel avec plus de 40% du capital. Et les rumeurs d’une prise de contrôle totale ne cessent de se multiplier.

“Nous sommes satisfaits de notre position actuelle”, explique le p-dg. “Clairement, on ne montera pas à 100% dans l’opérateur, en tout cas pour le moment”.


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