En pleine restructuration, Alcatel-Lucent voit ses revenus progresser de 7 %

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Alors que l’avenir de 900 emplois menacés en France fait l’objet ce 31 octobre d’une conférence sociale entre la direction et les syndicats d’Alcatel-Lucent, l’équipementier publie un chiffre d’affaires en hausse de 7 % à 3,7 milliards d’euros au troisième trimestre.

À l’heure où la direction et les représentants du personnel d’Alcatel-Lucent discutent d’un éventuel aménagement du plan social prévoyant la suppression de 900 emplois au niveau national, l’équipementier dévoile des résultats trimestriels supérieurs aux attentes.

Le groupe franco-américain a réalisé un chiffre d’affaires de 3,7 milliards d’euros au troisième trimestre 2013, en hausse de 7 % en rythme annuel à taux de change constants, pour une marge brute de 1,2 milliard d’euros, soit 32,6 %, contre 27,8 % précédemment.

Alcatel-Lucent réduit sa perte nette

Malgré une perte nette de 200 millions d’euros au troisième trimestre (contre 366 millions l’an dernier à la même période) –  dont 117 millions d’euros de charges de restructuration – , le résultat d’exploitation ajusté de 116 millions d’euros a atteint 3,2 % des revenus, alors qu’il était déficitaire un an plus tôt. En revanche, le free cash-flow reste négatif de 218 millions d’euros.

Quoi qu’il en soit, les résultats du groupe dépassent les estimations des analystes : le consensus tablait sur un chiffre d’affaires de 3,62 milliards d’euros pour une marge brute de 1,1 milliard d’euros. La Bourse a salué cette embellie. Ce jeudi peu avant 13h30, l’action du groupe gagnait plus de 18 % à 2,80 euros.

Une croissance de 20 % en Amérique du Nord

Les résultats du groupe ont été influencés par une meilleure contribution des réseaux IP, de l’optique terrestre et des solutions d’accès très haut débit, ainsi que la signature de nouveaux contrats dans les principales régions où s’active Alcatel-Lucent.

Si l’Amérique du Nord a affiché un second trimestre consécutif de croissance de l’ordre de 20 % à taux de change constants sur un an, les revenus sont restés stables en Chine, tandis que le reste de l’Asie-Pacifique a enregistré une baisse supérieure à 4 %. À l’inverse, les revenus générés en Europe de l’Ouest ont progressé de 5 %.

«  Nous voyons les premiers signes positifs de notre nouveau modèle opérationnel dans notre activité quotidienne, et nous sommes encouragés par les progrès substantiels des indicateurs clés du plan Shift  », a déclaré Michel Combes, directeur général du groupe. Alcatel-Lucent estime, par ailleurs, pouvoir dépasser le haut de la fourchette des 250 à 300 millions d’euros d’économies sur les coûts fixes prévue pour l’ensemble de l’année 2013. Ces économies passent par des réductions drastiques d’effectifs. L’équipementier télécoms a annoncé au début du mois supprimer 10 000 postes nets dans le monde d’ici fin 2015.

Quelles déclinaisons locales pour le plan Shift ?

En France, après que le Premier ministre a appelé à la révision du plan « pour sauver le maximum d’emplois, sauver le maximum de sites », une «  conférence sociale » entre la direction d’Alcatel-Lucent France et les organisations syndicales représentatives a débuté mercredi 30 octobre et devrait se conclure ce jeudi soir.

Les déclinaisons locales du plan Shift sont à l’ordre du jour. Les syndicats contactés restent dans l’incertitude et craignent que la direction tente de « gagner du temps ». Ils espèrent obtenir des précisions sur les 900 postes menacés au niveau national, ainsi que sur les sites devant fermer en 2014 (Toulouse et Rennes) et ceux qui seront cédés (Eu et Ormes) ou transférés (Orvaux) en 2015. La relocalisation hors de Paris du siège du groupe fait également débat. (Lire : Alcatel-Lucent : les conséquences de la restructuration sur les 6 sites français).

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Auteur : Ariane Beky
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