Alcatel-Lucent se recentre mais continue à dégraisser

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Le nouveau directeur général veut plus d’agilité et plus d’économies. Les dépenses en R&D vont souffrir

Un remède de choc pour Alcatel-Lucent ? Depuis sa création en 2006, le géant mondial des réseaux perd beaucoup d’argent avec des pertes sur 7 trimestres consécutifs.

Même si l’important plan de réduction de coûts associé à un massif plan social (16.000 postes supprimés !) mis en place en 2007 semble commencer à porter ses fruits (les résultats semblent se redresser), l’équipementier reste dans une situation fragile amplifiée par le ralentissement économique. Depuis le début de l’année, son action a chuté de 52%…

Rappelons qu’en septembre dernier, la direction de l’équipementier composée de Serge Tchuruk et de Pat Russo a été débarquée. Ils ont été remplacés par Philippe Camus qui était jusque là co-gérant du groupe de médias Lagardère, après avoir été co-CEO d’EADS et par Ben Verwaayen, qui a été patron de BT Group PLC (British Telecom).

Ce dernier a d’ailleurs déclaré que le groupe annoncerait une revue stratégique complète en décembre. Objectif : définir une nouvelle stratégie et alléger le portefeuille de produits. C’est aujourd’hui chose faite.

“Nous devons redéfinir notre stratégie”, a déclaré Ben Verwaayen, lors d’une conférence de presse, prenant acte d’une rentabilité qui“n’est pas satisfaisante”.

“Nous devons faire en sorte d’alléger notre portefeuille (…) et d’être beaucoup plus productifs en recherche et développement”, a-t-il déclaré.

Baisse de la R&D

Concrètement, Alcatel-Lucent annonce un plan de recentrage sur internet, l’optique, le haut-débit et les “facilitateurs d’applications”.

Malgré ses difficultés dans le mobile, le groupe va continuer d’investir dans ce secteur, et notamment dans le ‘LTE‘, la future norme 4G. Nous y reviendrons bientôt dans un article présentant les premiers pas de cette technologie.

Dans le même temps, un nouveau plan de réduction de coûts va être engagé. L’objectif est d’abaisser d’un milliard d’euros en 2009 et en 2010 son point mort pour faire face à une contraction du marché que le groupe estime comprise entre 8% et 12% en 2009.

Ce nouveau plan de réduction de coûts, le troisième en deux ans, vise 750 millions d’euros d’économies en base annualisée d’ici le quatrième trimestre 2009, dont les deux tiers sur les dépenses de recherche et développement et de charges administratives et commerciales.

L’accent est mis sur la simplification des structures hiérarchiques: est annoncée la suppression de 1.000 postes de cadres et de 5.000 sous-traitants.

Si la CFE-CGC, syndicat des cadres, a estimé que“la stratégie était claire et bonne”, M. Verwaayen prenant“acte du changement de nature des télécommunications”,la CFDT l’a jugé de son côté “un peu floue”,selon l’AFP.

“Cela manque de contenu. On sent que c’est fait pour ménager les susceptibilités”, a déclaré à l’AFP Laurent du Mouza, responsable CFDT, qui déplore que l’organisation sur le terrain “ne soit toujours pas détaillée”.

Concernant l’emploi,“même si on ne supprime pas de postes de salariés[en plus de ceux des cadres, ndlr], on sait bien que, derrière, ça va être la soupe à grimace. On comprend qu’il n’y aura pas d’augmentation salariale”, a-t-il affirmé.


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