L’Allemagne relance son projet de Deutsche Börse 2.0 pour start-up

GouvernanceRégulations

Oublié le fiasco du Neuer Markt, l’Allemagne veut créer un nouveau segment de cote dédié aux jeunes pousses technologiques à fort potentiel de croissance et grands besoins de financement.

Pour pallier l’insuffisance du capital-risque en phase d’amorçage, le vice chancelier allemand et ministre de l’Économie et de l’Énergie, Sigmar Gabriel, se prononce pour la création d’un marché de cotation dédiée aux start-ups, rapporte le quotidien Les Échos. Le ministre social-démocrate allemand (SPD) reprend ainsi l’idée de son prédecesseur libéral Philipp Rösler (FDP).

Ne l’appelez pas « nouveau marché »

Cette nouvelle « Bourse 2.0 » serait lancée avec le concours de Deutsche Börse, opérateur de la Bourse de Francfort, a expliqué le ministre Sigmar Gabriel, mardi 21 octobre, lors du 8e sommet allemand des technologies de l’information. Les jeunes pousses innovantes cotées sur ce segment pourraient alors bénéficier des capitaux dont elles ont besoin pour financer leur développement.

La date de lancement de ce segment de cote n’a pas été précisée. En revanche, on sait qu’il ne portera pas le nom de « nouveau marché », et ce pour se différencier du Neuer Markt. Ancien segment de la Bourse de Francfort créé en 1998, le Neuer Markt a fermé ses portes en 2003 après l’éclatement de la bulle Internet et les faillites en chaîne de jeunes entreprises technologiques. Les « .com » qui ont bénéficié de la spéculation, avant de chuter ou disparaître.

Quid de l’« Entry Standard » ?

Après l’épisode du Neuer Markt, la Deutsche Börse a décidé d’ouvrir en 2005 un nouveau segment baptisé « Entry Standard » à Francfort pour les petites capitalisations boursières et jeunes entreprises. Mais les investisseurs restent à convaincre. Après les débuts mitigés du commerçant en ligne Zalando sur ce marché, l’incubateur allemand de start-ups Rocket Internet y a fait une introduction remarquée le 2 octobre dernier. Depuis, l’action Rocket Internet a chuté  pour clôturer à 39,90 euros hier, contre 42,50 euros lors de son introduction.

Pour soutenir le financement de ses start-ups, l’Allemagne cherche donc à se doter d’un nouvel outil capable de concurrencer Londres (le London Stock Exchange gère l’« Alternative Investment Market ») et Paris (avec « Alternext », compartiment de marché d’Euronext).

Lire aussi

– Les start-ups façonnent l’Internet des objets, mais peu survivront
– Axelle Lemaire dévoile ses ambitions pour une République numérique


Auteur : Ariane Beky
Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur