Altis Semiconductor sauvée des eaux par Yazid Sabeg?

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L’homme d’affaires Yazid Sabeg a signé une offre d’achat irrévocable d’Altis. Pour le plus grand soulagement des actionnaires de l’unité de production et des sénateurs et maires de Corbeil-Essonnes. Mais le plan de financement reste à confirmer.

Altis Semiconductor va-t-elle enfin sortir de l’impasse? Proposé à la vente depuis 2006, l’unique site de production de circuits logiques d’Ile-de-France, conjointement détenu par IBM et Infineon, a peut-être trouvé preneur. Vendredi 25 juin, lors d’une conférence au siège d’Altis où étaient réunis les actionnaires, Serge Dassault, sénateur de l’Essonne, et les maires de Corbeil-Essones et du Coudray-Montceaux, l’homme d’affaires Yazid Sabeg a présenté un plan de reprise de l’entreprise après avoir signé une offre d’achat irrévocable.

Le dirigeant de CS Communication et Systèmes, par ailleurs commissaire à la diversité et à l’égalité des chances auprès du Premier ministre depuis décembre 2008, propose de financer la reprise d’Altis par un apport personnel de 40 millions d’euros. Lequel sera complété par 30 millions d’emprunts sécurisés et un fonds de 50 millions qui viendrait du FSI (Fonds stratégique d’investissement) et divers fonds d’investissement internationaux. Une participation obligataire du russe AFK Sistema (productions de radars) est également à l’ordre du jour. Un total de 140 millions d’euros devraient être réunis. En revanche, la participation un temps évoquée de 40 millions d’euros par Serge Dassault n’est plus d’actualité.

La reprise du site n’implique pas seulement les 400 suppressions d’emplois annoncées il y a un an (sur 1300 postes en activité actuellement). La restructuration passera par une diversification de l’activité. La fabrication de semi-conducteurs, dont les actionnaires sont les principaux clients, ne suffit plus aux yeux de Yazid Sabeg pour assurer la pérennité de l’entreprise laquelle devrait s’élargir à la production de MEMS (microsystème électromécanique), de socles (sockets), de composants 3.5, ou encore aborder les marchés du calcul hautes performances (HPC). Pour cela, le repreneur propose la création d’un pôle design (conception) ainsi que d’un service commercial et marketing.

Les actionnaires ont accueilli favorablement l’offre, IBM et Infineon s’engageant sur le plan de charges jusqu’en 2012. Car Altis devrait continuer à perdre de l’argent pour un chiffre d’affaires attendu entre 165 et 180 millions d’euros pour 2010. L’annonce de la reprise est également une bonne nouvelle pour la région. Outre les emplois menacés, la disparition d’Altis entraînerait la perte de 65 millions d’euros par an de taxes professionnelles. Ces lourdes conséquences sur le budget du département avaient notamment poussé Serge Dassault (à l’époque maire de Corbeil-Essone avant de voire son élection invalidée) et Jean-Pierre Bechter, l’actuel maire (UMP), à présenter le dossier à Yazid Sabeg. Auquel ils doivent donc aujourd’hui une fière chandelle. Reste que le comité d’entreprise doit encore donner son avis, consultatif, sur le projet de reprise. Avis qui ne sera rendu qu’après le rapport du cabinet d’analyse Syndex attendu d’ici trois semaines.


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