Altran: le directeur général délégué écroué

Les têtes continuent à tomber: au moins cinq personnes sont poursuivies dans ce dossier

Le juge Philippe Courroye ne lâche pas l’affaire. Petit à petit, son instruction remonte à la tête du groupe, multipliant gardes à vue et mises en examen. Le magistrat financier enquête sur les dissimulations et les fraudes comptables de la société française de conseil en technologies entre 2001 et 2002. Michel Friedlander, le directeur général délégué du groupe de conseil en technologie Altran, a été mis en examen et écroué jeudi à Paris pour « diffusion d’informations fausses » et « présentation de comptes inexacts ». Il été placé en garde à vue mardi avec un autre dirigeant du groupe, Jean-Michel Martin, directeur général adjoint. Ce dernier devait, comme lui, être présenté au juge Courroye en vue d’une éventuelle mise en examen jeudi soir mais aucune information sur l’issue de cette audition n’est encore disponible. Cette mise en examen porte à au moins cinq le nombre de personnes poursuivies dans ce dossier. Les dernières mises en examen dataient du 30 juin avec les poursuites signifiées à deux anciens dirigeants, Frédéric Bonan, ancien directeur général et Alain Rougagnou, ancien secrétaire général. La justice cherche à savoir si des filiales de l’entreprise (notamment Yliad Value) ont reçu l’ordre de faire remonter des comptes améliorés en émettant de « fausses factures à établir ». Ces factures auraient été délivrées sans bon d’engagement pour un montant avoisinant 70 millions d’euros. En clair, Altran a émis des fausses factures destinées à masquer le recul de l’activité en 2001-2002. Ce que la société française de conseil en technologies a toujours nié. « Nous sommes en présence d’une énorme injustice que nous allons réparer dans les meilleurs délais possibles en exerçant toutes les voies de recours que nous pourrons exercer », a déclaré Me Claude Bendel, l’avocat de Michel Friedlander à l’AFP. « Michel Friedlander a la confiance des commissaires aux comptes, des actionnaires et des salariés mais pas celle de la justice », a-t-il ajouté.