Analyse: crise boursière, quel impact sur les investissements IT?

His-to-ri-que! Au moment où la capitalisation d’Apple bat des records pour se placer au 1er rang mondial devant le géant du pétrole Exxon Mobil , on s’interroge sur l’impact de l’actuel ‘yoyo’ boursier auprès des sociétés ‘high tech’. Chaque jour, on s’attend à un nouveau ‘krach’, les banques européennes étant notamment sous les projecteurs.

Donc, c’est officiel, Apple est devenu ce 10 août, au moins durant un certain laps de temps, la plus importante capitalisation boursière mondiale avec plus de 337 milliards de dollars. Exxon Mobil affichait alors une capitalisation de « seulement » 330,8 milliards de dollars (cf. article: ‘Apple, première capitalisation mondiale‘).
Pourtant, depuis le début de l’année, et surtout depuis début août, les valeurs technologiques n’échappent pas aux secousses boursières. Le Nasdaq, marché boursier de New York dédié aux valeurs dites « technologiques », est à nouveau mis à mal, alors qu’il venait de retrouver le niveau historique de 2007. Il est à -12% depuis le début du mois d’août.

Certes, les incertitudes liées à la situation financière des banques expliquent en grande partie cette situation. Parmi les raisons concrètes et immédiates, certains analystes parlent de la situation du Japon, de la catastrophe du tsunami et l’accident de la centrale de Fukushima. Mais faut-il invoquer le report du décollage du marché de la 3D??
Depuis plusieurs mois, la capacité de financement s’est de nouveau emballée, et beaucoup d’analystes ont évoqué l’ombre d’une possible bulle spéculative face aux introductions en Bourse qui s’annoncent spectaculaire, comme celle de Facebook, notamment.

Toutes les valeurs sont affectées
Tout le monde, ou presque, trinque dans le secteur high-tech, y compris les plus solides comme HP, Intel. Citons aussi Oracle, lui aussi touché et stoppé dans son nouvel élan, alors qu’il se sort d’une lourde digestion de Sun Microsystems, entre autres récentes acquisitions (Pillar…). De même, le géant coréen Samsung a beaucoup reculé, et la décision de justice en Allemagne qui donne raison à Apple (cf. notre article) n’arrange pas ses affaires.
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Les plus touchés sont des anciens du Web, tels AOL qui a vu sa capitalisation divisée par deux depuis début de 2011; ou Yahoo, à -30%. Ceux-là étaient déjà sur une liste orange. Même Google a reculé de 7%, passsant de 200 milliards à 185 milliards aujourd’hui.
La situation n’est pas désespérée pour autant. Ainsi, Microsoft qui a perdu 30 milliards de dollars de capitalisation en quelques mois, se maintient tout de même en 2è position derrière Apple.
De même, IBM sort bien son épingle du jeu, revenant dans le top 3 des plus fortes capitalisations du secteur high tech avec plus de 200 milliards de dollars, ce qui pourrait le conduire à repasser devant Microsoft. Il est vrai qu’IBM affiche, pour ses 100 ans, une grande sérénité: le géant mondial vient de rehausser ses prévisions de bénéfice annuel, et fait figure de valeur refuge.
Et Cisco vient d’enregistrer un rebond salutaire (+7% à 14,7 dollars) suite aux chiffres rassurants de son 4è trimestre 2011 (cf. article: ‘Cisco, la bonne surprise du 4è trimestre‘).

Un impact sur les projets d’entrée en bourse…
Cette crise boursière actuelle a également un impact déjà perceptible sur les IPO ou programmes d’introduction en Bourse des start-ups du secteur ‘high tech’. Pour certains, elle survient au mauvais moment. Ainsi en est-il de Groupon et Zynga qui viennent de déposer auprès de la SEC, leur dossier d’introduction en Bourse. Et déjà l’information circule:  l’IPO de Facebook sera très vraisemblablement reportée au début de 2012.

…et sur les investissements IT?
Cette volatilité et ces tensions auront-t-elles une incidence sur les investissements IT? Selon le cabinet Forrester, ce n’est pas certain. « Le ciel ne nous tombe pas sur la tête, déclare Andrew Bartels, analyste du cabinet Forrester Research. « Quelques jours de mauvaises nouvelles ne doit pas se confondre avec une faillite de l’économie américaine, un début d’une récession ou une chute des ventes IT… De fait, une part de ces mauvaises nouvelles, l’enjeu du taux de crédit des USA, provient d’une société qui publie, parmi d’autres, publie des ‘ratings-out’. Celle-là, c’est Standard & Poor’s, s’est déjà prise de nombreuses claques pour s’être trompé. Cette fois, Standar & Poor’s a calculé sont ‘credit rating’  sur la base d’une échange de vues entre ses directeurs sur la situation politique plutôt qu’économique. S&P a apparemment essayé de prouver qu’ils auraient raison sur les perspectives économiques. Et malheureusement, cela est suffisant pour paniquer les investisseurs« .

Ce même analyste constate que le secteur ‘high tech’ croît deux fois plus vite que le PIB des Etats-Unis. Les entreprises investissent dans les technologies parce que cela les aide dans leur efficacité et, donc, dans leur profitabilité. Les profits des grandes sociétés américaines s’écrivent sur 2 chiffres. Et cela va se maintenir. « Les entreprises utilisent la technologie pour améliorer leur marge et utilisent cette marge pour acheter de la technologie« , estime-t-il.

« La probabilité que les Etats-Unis soient à l’aube d’une nouvelle récession est légèrement plus élevée qu’avant les évènements de début août. Mais rien ne dit qu’il y aura récession« , ajoute-t-il. Les dépenses IT continueront d’être solides à moins que le PIB ne plonge en négatif, que les dépenses publiques ne s’effondrent – « ce qui marquerait effectivement le début d’une récession ». Bref, une semaine de turbulence boursière ne peut pas tout remettre en question.