De l’Anssi à la DGSE : Patrick Pailloux, de la lumière à l’ombre

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Le directeur de l’Anssi, et porte-drapeau officiel de la cyberdéfense des administrations et entreprises françaises, s’apprête à prendre la tête de la direction technique de la DGSE, la NSA à la française. Un poste de l’ombre.

La nouvelle était ce matin sur toutes les lèvres au Forum International de Cybercriminalité (FIC), grand raout de la cybersécurité réunissant consultants, fournisseurs, RSSI et services de l’Etat. Patrick Pailloux, habituel ambassadeur public de la cyberdéfense des administrations et entreprises françaises, s’apprête à passer de la lumière à l’ombre. Selon Le Monde, l’actuel directeur de l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) sera en effet le prochain directeur technique de la DGSE, poste supposant la plus grande discrétion.

Barbier Pailloux
Bernard Barbier et Patrick Pailloux, respectivement à gauche et à droite de Jean-Michel Orozco, patron de Cassidian, sur le FIC le 21 janvier 2014.

Rappelons que le poste est vacant depuis la fin de l’année dernière et le départ de Bernard Barbier, qui a occupé la fonction pendant plus de 7 ans. « Le ministre voulait que je poursuive ma mission », assure aujourd’hui celui qui a préféré, à 60 ans, se diriger vers le privé. Il est aujourd’hui conseiller du Pdg de Sogeti, Luc-François Salvador.

Une direction dix fois plus grande que l’Anssi

A la tête de l’administration qui assure la cyberdéfense de l’Etat français et des entreprises nationales depuis 2005 (d’abord sous le nom de direction centrale de la sécurité des systèmes d’information, DCSSI), Patrick Pailloux va prendre la direction de la plus puissante des directions des services extérieurs français. Selon le quotidien du soir, cette NSA à la française emploie plus de 3 000 personnes, soit plus de 50 % des effectifs totaux de la DGSE. Un mastodonte comparé aux plus de 350 agents que comptait l’Anssi fin 2013 (pour un budget de 75 millions d’euros).

Un mémo interne de la NSA, dévoilé par Edward Snowden, montre que lorsque les autorités françaises ont voulu se plaindre aux Américains de l’attaque informatique qui a visé l’Elysée en mai 2012 – dont ils les soupçonnaient d’être les auteurs -, ce sont Bernard Barbier et Patrick Pailloux qui ont traversé l’Atlantique pour parler avec leurs homologues de la NSA.

Philippe Duluc (patron de la division sécurité de Bull et ex-numéro deux de la direction technique de la DGSE), un candidat du sérail des services extérieurs et un haut cadre d’Orange étaient également en lice, selon Le Monde. La nomination de Patrick Pailloux à la DGSE devrait être entérinée lors d’un prochain conseil des ministres.

En complément : nos autres articles sur le FIC 2014

– La France met 1 milliard d’euros de mieux sur l’arme cyberdéfense

– Forum International de la Cybersécurité : la sécu au temps de Snowden

– Luc-François Salvador, Pdg de Sogeti : “la cybersécurité, une activité qui croit de 30 % par an”

 


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