Anti GPS, les taxis de New York menacent de faire grève

Régulations

Très remontés contre une décision municipale qui veut rendre obligatoire le
GPS, l’écran tactile et le paiement par carte bancaire, les taxis jaunes sont
prêts à faire la grève

La ?New York Taxi Workers Alliance?, principale association professionnelle des chauffeurs de taxi de New York, regroupant 8.400 des 13.000 chauffeurs de taxi new-yorkais a déposé un préavis de grève pour les 5 et 6 septembre. À moins que la Commission municipale des Taxis et Limousines de la ville n’annule un projet qui doit les obliger à installer un équipement à base de GPS dans leur véhicule entre le 1er octobre et le 31 janvier, en choisissant parmi quatre fournisseurs.

Il y a quinze jours, la dite Commission annonçait que plus de 1.000 taxis jaunes en étaient déjà équipés.

«Environ 75 % des licences de taxi sont détenues par des entreprises qui engagent des chauffeurs, tandis que les 25 % restants sont aux mains de travailleurs indépendants ou gérant de petites équipes de chauffeurs», rétorque Bhairavi Desai, dirigeante de l’Alliance NY TWA précitée.

Trop cher et trop indiscret?

La colère des chauffeurs a débuté il y a un mois, lorsqu’il a été décidé de rendre obligatoire un appareil à écran tactile. Il est clair que les clients apprécieraient de pouvoir rechercher un restaurant, un service ou un événement culturel. Par ailleurs, le paiement par carte bancaire serait ainsi généralisé.

Mais le coût financier est justement au c?ur de la discussion. Début août, Bhairavi Desai déclarait que « l’investissement s’élève à plus de 1.300 dollars sans compter l’installation, et la maintenance d’environ 175 dollars par mois. De plus, les chauffeurs devront acquitter une commission de 5 % sur les transactions par carte bancaire, soit une perte d’environ 1.000 dollars s’ils commencent leur journée par un long trajet comme une course depuis Kennedy Airport par exemple« .

Par ailleurs, les chauffeurs refusent l’utilisation du GPS qu’ils considèrent comme un instrument de violation de leur vie privée, grâce aux possibilités de traçabilité. Par ailleurs, certains avouent qu’ils n’ont aucune envie de se soumettre à un contrôle indirect de leur recette.

Une leçon à méditer

L’association, qui n’est pas, à proprement parler, un syndicat, avait déjà suscité une journée de grève en 1998, pour protester notamment contre une modification des polices d’assurance appliquées aux chauffeurs propriétaires de leur taxi. Un mouvement qui avait alors marqué les esprits autant dans la population que parmi les autorités.

Cette mobilisation constitue un excellent exemple illustrant la nécessité impérative de discuter au préalable et de trouver un terrain d’entente avant tout déploiement technologique. Impossible de se contenter d’argumenter en faveur du confort du consommateur ou du client?


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