Apple dément avoir rejeté l'application Google Voice de l'App Store

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Apple continuerait d’étudier l’intérêt de l’application de voix sur IP Google Voice. Depuis bientôt un mois…

Apple a-t-il ou non refusé l’entrée de Google Voice au catalogue en ligne App Store début août? Non, répond Cupertino. Enfin, oui, mais pas pour les raisons que l’on croit. « Contrairement à ce qui a été publié, Apple n’a pas rejeté l’application Google Voice et continue de l’étudier », déclare Apple dans une lettre adressée à la FCC (Federal Communications Commission, l’équivalent américain de l’Arcep). Une étude qui court déjà depuis plus de trois semaines…

Google Voice est une application de voix sur IP pour l’iPhone (notamment). Elle permet à son utilisateur de téléphoner à moindres frais depuis Internet sans forcément passer par le réseau de l’opérateur américain AT&T (depuis un point d’accès wi-fi, par exemple) qui y voit probablement une source de concurrence déloyale. AT&T et Apple ont signé un accord exclusif autour des ventes de l’iPhone aux Etats-Unis. Autrement dit, tout iPhone vendu outre Atlantique est forcément lié au réseau de télécommunication mobile AT&T tout comme il l’était avec Orange avant que la justice française ne mette un terme à l’exclusivité. En France, les opérateurs mobiles restent également réticents à autoriser les applications de VoIP, tel Skype, sur leur terminaux.

Apple a-t-il été victime des pressions d’AT&T pour refuser Google Voice de sa plate-forme? Ce n’est ni l’opérateur américain, ni la firme de Mountain View qui éclairciront la question. Du moins à travers les réponses que les deux entreprises ont apportées à la FCC. AT&T assure qu’Apple ne l’a pas consulté avant de prendre la décision de retirer l’application honnie. De son côté, Google préfère garder confidentielles les raisons qui ont poussé Apple à prendre sa décision, selon l’Associated Press.

Le courrier d’Apple adressé à la FCC permet d’en apprendre un peu plus sur le mécanisme de validation des applications pour iPhone. Selon Cupertino, environ 8.500 applications, nouvelles ou mises à jour, sont proposées chaque semaine par les développeurs à une quarantaine d’employés d’Apple chargés de les vérifier à travers au moins deux utilisations. En deux semaines, 95 % des applications sont traitées. Seulement 20 % d’entre elles passeraient à la trappe.

Mais les critères de validation (ou d’invalidation) restent obscurs. Et les développeurs attendent parfois des mois avant de voir apparaître leur application sur l’App Store. Apple ne fournit aucune explication quant à celles qui sont rejetées. La firme de Steve Jobs est également montrée du doigt pour ses retards de paiement aux développeurs

Une chose est sûre : les relations entre Apple et Google ne se sont guère réchauffées ces derniers temps. Le développement du navigateur de Google, Chrome (en passe de devenir le numéro trois du marché ), concurrent de Safari d’Apple, l’annonce début juillet du système d’exploitation Chrome OS et, surtout, le développement d’Android, la plate-forme de Google dédiée aux terminaux mobiles, sont autant de points de friction concurrentiels entre les deux entreprises qui ont d’ailleurs poussé Eric Schmidt à démissionner du conseil d’administration d’Apple. Pas sûr que l’enquête autour de Google Voice calme les esprits.


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