Apple dévoile Safari 4 : test exclusif

Apple frappe fort en annonçant la sortie de la version bêta publique de Safari 4 pour Mac OS X et Windows. L’installeur et l’application ne sont pas encore francisés et les bogues demeurent nombreux, mais cette première mouture permet de découvrir les avancées réalisées par la firme.

L’intégration de « Cover Flow » facilite la recherche au sein des marque-pages en affichant des miniatures des sites précédemment visités. L’interface a été entièrement refondue. Compacte, elle manque parfois un peu de fini sous Windows et peut sembler rustique. Elle reprend certains éléments de Chrome (onglets et menus), de Firefox (gestion des marque-pages) et d’Internet Explorer (menus). Les nouveautés sont nombreuses, comme en témoigne cette page du site d’Apple.

Un nouveau moteur

Le gros plus de Safari 4 est l’utilisation d’un nouveau moteur de rendu. Il supporte de larges pans de l’HTML 5 : tags audio et vidéo, support hors ligne, etc. Il gère également des fonctions CSS 3 évoluées : polices de caractères, effets, animations et canevas. Enfin, il apporte un support des SVG 1.1. Safari 4 sera le paradis des développeurs, avec des outils très avancés, et même la possibilité d’utiliser des bases de données locales afin de créer des applications web pouvant fonctionner hors ligne.

Apple ajoute à ceci un nouveau moteur JavaScript, du nom de Nitro. Nous ne savons pas s’il est identique ou non à SquirrelFish Extreme, mais la compagnie affirme qu’il est 4,2 fois plus rapide que précédemment. Voilà qui mérite un petit test. Vous allez le constater, une sacrée surprise sera au rendez-vous : Firefox se fait distancer par ses concurrents !

Le protocole de test

Il est toujours ardu de comparer les versions de développement des navigateurs. Lesquels choisir ? En fait, tout dépend de la date de sortie présumée de chaque produit. Safari 4 bêta (528.16) comprend aujourd’hui de nombreux bogues qui ne seront pas éradiqués en quelques jours ou semaines. Aussi nous pouvons présumer qu’il sortira en version stabilisée en même temps que Firefox 3.1 et Chrome 2.0, soit un peu avant Opera 10, mais largement après Internet Explorer 8. Nous l’avons donc comparé à la mouture pré-bêta de Google Chrome (2.0.164.0). Pour Firefox, la situation est complexe : la seconde bêta de Firefox 3.1 commence à dater, alors que la compilation journalière du 24 février 2009 – connue sous le nom de Minefield – est estampillée ‘3.2a1pre’. Nous prendrons donc les deux en compte.

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Opera 10 ne fera pas partie de notre comparatif. La mouture alpha actuelle ne fait pas justice aux travaux de l’équipe de développement, qui compte dévoiler un moteur JavaScript de nouvelle génération très prochainement. De même, nous oublierons Internet Explorer 8, qui vise des buts très différents et ne se veut ni le plus rapide, ni le plus moderne des navigateurs. Notez que nous prendrons en compte les résultats de Safari 3.2.2 (525.28.1), le prédécesseur direct de Safari 4.

Tous nos tests sont effectués sur une machine virtuelle Windows XP monocœur.

Respect des standards : Safari est vainqueur

Au test Acid3, le score de Safari 4 est sans appel : note de 100, fluidité parfaite, rendu sans défauts, c’est une première ! Voilà un net avantage par rapport à la note de 74/100 de Safari 3. Chrome s’en sort avec les honneurs, grâce à une note de 100/100. Une erreur apparait toutefois et le rendu est moins fluide.

Firefox comptabilise 93 points sur 100 et Minefield 94 points sur 100. Si le résultat est bon, le navigateur de la fondation Mozilla est ici à la traine.

Moteur JavaScript : Chrome reste le champion

Pour évaluer les performances des moteurs JavaScript, le test SunSpider demeure une référence, car il comprend une multitude de sous-tests pertinents. Safari 3 met 4.201,4 ms pour réaliser ce test, ce qui le place dans la moyenne basse des navigateurs actuels. Avec Safari 4, 1.072,2 ms sont suffisantes ! Le nouveau moteur JavaScript est bel et bien quatre fois plus rapide que précédemment.

Nous pourrions conclure que cette technologique est la plus rapide du marché. Oui, mais ce serait sans compter sur les évolutions récentes de Chrome, dont le moteur V8 a été largement amélioré. Il passe ce test en 1.019,2 ms. C’est le nouveau record. Firefox – encore une fois – est plutôt en retrait avec un score de 1.853,8 ms pour la version bêta. La compilation journalière fait mieux – 1.585,2 ms – mais ne rattrape toutefois pas ses concurrents.

Le V8 Benchmark Suite favorise nettement Chrome, qui décroche un score de 2.361 points. Safari 4 s’en sort admirablement, avec une note de 1.680 points, en net progrès par rapport à Safari 3, crédité de 181 points. Le cas de Firefox est étonnant : entre la mouture 3.0 et la 3.1, le score chute à 174 points, malgré la présence d’un moteur JavaScript plus véloce. Pire, avec Minefield, il décroit encore pour atteindre les 141 points… alors que le moteur JavaScript est encore plus rapide. Incompréhensible.

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Consommation mémoire : Firefox affiche son savoir-faire

Pour notre test de consommation mémoire, nous adoptons un procédé simple : nous commençons par utiliser un seul onglet. Nous ouvrons ensuite plusieurs onglets simultanément, avec une sélection de cinq sites représentatifs. Enfin, nous les refermons pour évaluer la quantité de mémoire libérée.

Firefox est le champion incontesté dans ce domaine : avec un seul onglet, il occupe 29,8 Mo de mémoire (30,1 Mo pour Minefield). En charge, la consommation passe à 93,1 Mo (91,6 Mo pour Minefield !). Toutefois, il ne libère pas toutes les ressources lors de la fermeture des onglets : 41,5 Mo restent occupés sous Firefox 3.1 bêta 2 et 44,8 Mo avec Minefield 3.2a1pre.

Safari 3 est moins bon : 30,2 Mo avec un onglet, 99,7 Mo en charge et 57,4 Mo une fois les onglets fermés. Avec Safari 4, le résultat est carrément catastrophique : 31,6 Mo, 189,6 Mo et 130,9 Mo. Vu le peu de ressources libérées, il semble illusoire d’espérer l’utiliser sur une machine disposant de peu de mémoire.

Chrome adopte un modèle particulier où un processus est affecté à chaque onglet. La charge à vide est raisonnable (36,9 Mo), la consommation mémoire grimpe assez rapidement (172,1 Mo), mais la libération des ressources est presque totale (38,7 Mo).

Un choix difficile

Extensible et fiable, Firefox reste une valeur sûre. Si Safari 4 a su progresser et proposer des innovations intéressantes, il demeure en très léger retrait face à Chrome 2.0, dont nous préférons l’interface, mieux finie. Safari se démarque toutefois par ses fonctionnalités très avancées, et ses outils de développement incroyables.

Dans tous les cas, si vous recherchez un maximum de performances pour vos applications web, Safari 4 et Chrome 2 seront imbattables dans ce secteur. Firefox marque clairement le pas, même avec le moteur JavaScript TraceMonkey. Son développement n’est pas encore achevé, mais ces premiers résultats ne sont pas très encourageants.

Si vous disposez de 1 Go de mémoire ou plus, Safari 4 et Chrome sont de bons candidats. Pour les machines disposant de seulement 512 Mo de mémoire, Firefox demeure un choix judicieux. Enfin, pour les machines encore moins bien équipées, Firefox semble tout indiqué (tout comme Opera). Toutefois, si vous n’ouvrez qu’un seul onglet à la fois, Chrome est imbattable.

Opera 10, Safari 4 et Chrome 2 pourraient donc former le trio de tête en terme de performances. Firefox 3.1 n’aura toutefois pas à rougir face à ces offres alternatives. Internet Explorer 8, malgré une nette hausse de ses performances, fait encore une fois bande à part.

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