Apple veut interdire tous les produits Galaxy de Samsung en Europe

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Si le tribunal de La Haye donne raison à Apple, les produits Android de Samsung pourraient disparaître du jour au lendemain du marché européen.

Il n’y a pas qu’en Allemagne qu’Apple poursuit Samsung pour contrefaçon de son iPad, avec un succès mitigé. Au Pays-Bas aussi. Mais alors que, à Düsseldorf, les avocats de Cupertino s’évertuent (un peu trop) à démontrer que le design de la Galaxy Tab 10.1 est la copie conforme de l’iPad, l’affaire qui sera jugée à La Haye le 15 septembre (avec une injonction pour le 13 octobre au plus tard) pourrait aller bien au-delà de la seule interdiction de vente, en Europe, de la tablette concurrente. Apple demande pas moins que d’interdire la commercialisation de tous les produits estampillés Galaxy, autrement dit tous les appareils sous Android du constructeur coréen à savoir ses tablettes (Galaxy Tab 7, 10,1, 8,9) et ses smartphones (Galaxy S, S2, Ace, R…).

Une décision qui portera sur l’ensemble du marché de l’Union européenne. Ce qui serait une catastrophe pour Samsung et ses partenaires, notamment ses 28 réseaux de distribution. Selon ComputerWorld.com, Apple irait même jusqu’à demander que Samsung informe par lettre ses filiales et partenaires européens de cesser, sous 14 jours, la distribution des produits Galaxy et de leur rappeler qu’en cas de refus ils s’exposent eux-mêmes à des actes de viol de la propriété intellectuelle d’Apple (et donc susceptibles d’être directement poursuivis par cette dernière).

La demande d’Apple, si elle est approuvée, risque de mettre un terme à la montée en puissance de Samsung en Europe sur le secteur des composants électroniques. En quelques mois, le constructeur coréen a su s’imposer grâce à Android, notamment en matière de smartphones avec ses modèles Galaxy S et S II qui lui ont permis de dépasser Nokia pour talonner Apple au deuxième trimestre 2011 avec plus de 19 millions de terminaux vendus (dans le monde). Samsung occuperait par ailleurs 7% du marché des tablettes (derrière Cupertino et ses 70% à 80%).

Un succès qui dérange Apple dont l’arme judiciaire, en cas de succès, permettrait d’éliminer un dangereux concurrent en Europe, terre d’opportunité pour les concurrents de l’iPad. Qu’il soit avéré ou non, le viol de brevets serait alors un prétexte bien pratique. Il paraît néanmoins impensable de casser brutalement l’activité d’un géant de l’électronique sur le marché européen (certes il lui restera son offre Wave sous système Bada mais qui est loin de profiter de l’engouement généré autour d’Android). Et il n’est pas certain que la concurrence en profite directement. Apple est également en conflit avec HTC et Motorola. Sauf si ce dernier, désormais sous la coupe de Google, parvient à contrer les brevets anti-Android.


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