Applications mobiles : 5 millions d’emplois en Europe en 2018

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Le chiffre d’affaires généré par les applications mobiles en Europe devrait presque quadrupler d’ici 2018, pour atteindre 63 milliards d’euros. Et créer près de 3 millions d’emplois. A condition de lever certains obstacles et non des moindres.

« Le secteur des applis est l’un des domaines de l’économie numérique où l’Europe est vraiment à la pointe, s’est félicitée Neelie Kroes, vice-présidente de la Commission européenne chargée des questions numériques. Face à l’augmentation du chômage des jeunes, ces chiffres me redonnent espoir. » Une manifestation d’optimisme motivée par les chiffres d’une nouvelle étude sur le secteur des applications mobiles.

Réalisé par Gigacom Research et NUI Galway, le rapport intitulé « Sizing the EU App Economy » et présenté à Bruxelles jeudi 13 février évalue à 63 milliards d’euros le chiffre d’affaires que dégagera le secteur européen des « apps » d’ici 2018. Soit près de quatre fois plus que les 17,5 milliards générés en 2013. Des revenus issus tant des ventes directes (18,7 milliards en 2018 contre 6,1 milliards en 2013), que des sources annexes comme la publicité et la vente de biens virtuels depuis les apps.

EU app 2018

Alimenter le marché de l’emploi

Cette hausse des revenus devrait être portée tant par les futurs usages grand public (la voiture connectée, les smart TV, l’eSanté…) que par les besoins grandissants des entreprises. Une hausse des besoins qui devrait alimenter le marché de l’emploi. Le nombre de développeurs pourrait ainsi passer de 1 million en 2013 à 2,7 millions d’ici 4 ans. Auxquels s’ajouteront 2,1 millions de salariés liés au support en Europe (contre 800 000 aujourd’hui).

Encore faudra-t-il trouver la main d’œuvre qualifiée. L’étude met en avant le fait que 38% des développeurs (indépendants ou en entreprise) déclarent que les organisations européennes peinent à soutenir la concurrence salariale des offres américaines. Et entre 31% (chez les indépendants) et 33% (employés) soulignent que la formation est insuffisante. Du côté de l’offre d’emploi, les entreprises sondées sont 25% à estimer manquer de développeurs. Et « il est regrettable de constater que les femmes ne représentent que 9% des développeurs », note le rapport.

Parue en septembre dernier, une précédente étude de l’Association for Competitive Technology (ACT), une association professionnelle sponsorisée notamment par Microsoft, Apple, Oracle, Verisign, Facebook ou BlackBerry, estimait que la révolution des apps avait créé en 5 ans 529 000 emplois dans les 28 pays de l’Union européenne, 62 % d’entre eux dans le développement.

Lever les obstacles

Le potentiel est donc là. L’Europe se distingue notamment par sa présence sur le marché. Ainsi, 40% des applications les plus lucratives ont été créées par 28 éditeurs européens. En tête de liste, des créateurs de jeux : King.com, Supercell ou encore Rovio et ses fameux Angry Birds. Mais le jeu ne composera, à l’avenir, qu’une fraction des revenus. Lesquels devraient s’élever à 46 milliards d’euros en 2018 dans les secteurs des biens de consommation, de la banque, des médias, du commerce de détail, etc.

Il restera donc à l’Europe à lever les obstacles pour atteindre cet horizon souriant. En mettant en place des programmes promotionnels de formations (notamment en partenariat avec les entreprises), mais aussi en s’attaquant aux risques de morcellement et de goulets d’étranglement. S’il est difficile de lutter contre l’éclatement des environnements numériques (35% des développeurs se plaignent du manque d’interopérabilité entre plateformes comme Android, iOS et Facebook, qui plus est toutes américaines), la Commission entend en revanche mettre en œuvre le marché unique des télécoms qui permettra de dresser le cadre pour opérer un réseau mobile efficace (4G) et sans frontières. Une grande réforme avec laquelle Neelie Kroes entend marquer son mandat à la Commission, lequel se termine en mai 2014. Ça va être serré.

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