Ariane 5: lancement réussi, à Kourou, du satellite XTAR-Eur

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Petite angoisse à l’heure H: le tir a dû être décalé d’une heure environ. Mais le lancement s’est finalement bien passé, deux ans après l’échec de décembre 2002. C’était un test crucial pour cette version gros porteur d’Ariane 5 ECA: 10 tonnes à arracher!

Suspense interminable pour les techniciens de la base de lancement de Kourou, ce samedi 12 février, à 16H49 heure locale (22H49, à Paris). Deux voyants de contrôle sont passés au rouge, retardant de plus d’une heure le tir tant attendu! Ce lancement a permis de mettre sur orbite deux satellites, dont un de télécommunications européennes. C’était un test stratégique car cette version d’Ariane 5 ECA, dans sa version 10 tonnes, est la seule solution qui permet à l’Europe de rester dans la course des lancements commerciaux.

Lors de son premier tir en décembre 2002, une défaillance du système de refroidissement sur une tuyère avait entraîné une déformation de celle-ci et la fusée Ariane 5, devenue impossible à piloter, avait été détruite en plein vol. Que s’est-il donc passé depuis les victoires des années 90, lorsque Ariane décollait pratiquement tous les mois et raflait près de 60% du marché? Et bien d’abord, les acheteurs se sont raréfiés. La bulle Internet a explosé et, avec elle, se sont envolés les projets de révolution des communications à haut débit via l’espace. Moins de clients donc et plus de concurrence. Des Russes et des Américains ont lancé ensemble des fusées Proton depuis Baïkonour. Sans oublier les Chinois qui envisagent de se rendre sur la lune, le vol habité étant considéré comme une des performances extrêmes. Mais revenons à Ariane 5: pour ce vol, la fusée emportait en particulier le satellite de télécommunications XTAR-EUR, pour l’opérateur XTAR, qui couvrira une région allant de la côte Est du Brésil au Sud-est asiatique. Ce satellite, fabriqué par Space Systems/Loral, fournira des services de communications gouvernementales et militaires, notamment aux États-Unis et à l’Espagne. Après l’échec de 2002, les Européens ont réinvesti un milliard et demi d’euros pour sauver Ariane. Pour l’heure, ce succès leur donne raison.


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