ARM fête ses vingt ans… en revenant à ses racines

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En vingt ans d’existence, ARM est devenu le leader du marché des composants 32 bits. Retour sur la montée de cette architecture RISC anglaise.

Ce week-end, ARM a signé ses vingt ans d’existence. Une belle occasion de revenir sur le passé de la compagnie. ARM est un concepteur anglais de puces RISC 32 bits qui a été créé en 1990 et a proposé son premier produit – l’ARM 6 – en 1991. Les puces du même nom existaient toutefois en masse dès 1987. Elles avaient été mises au point à partir de 1983 par Acorn, pour les besoins de ses ordinateurs personnels de nouvelle génération, les Archimedes. Ces machines ultra-performantes ont toutefois été rapidement éclipsées par la concurrence des Amiga, Atari, Mac et PC x86. Ironiquement, c’est la déroute financière d’Acorn qui a mené à la création d’une entité indépendante chargée de développer les processeurs ARM, les « Acorn RISC Machine » devenant au passage les « Advanced RISC Machine ».

La compagnie est aujourd’hui de plus en plus citée par la presse. Il était temps diront certains, puisque l’architecture processeur ARM est la plus vendue du monde 32 bits (en volume) depuis le début des années 2000, et ce, très loin devant les ténors médiatiques du secteur, comme Intel. En 2002, plus d’un milliard de composants ARM avaient trouvé preneurs. Depuis cette date clé, les choses ont nettement accéléré : le cap des cinq milliards de composants a été franchi en 2007 et celui des dix milliards… dès 2008 ! Ce succès est dû au modèle de la compagnie, qui vend des licences de ses cœurs, utilisées au sein de multiples composants tout-en-un conçus par ses nombreux partenaires. Il a également été porté par le marché de l’électronique embarquée, qui attendait des composants 32 bits basse consommation pour initier sa transformation du 8/16 bits vers le monde 32 bits. Bref, la firme est arrivée au bon moment, avec le bon produit, et le bon concept commercial.

Pourquoi la compagnie n’est-elle donc pas devenue populaire plus tôt ? Elle se focalisait jusqu’alors sur le secteur de l’électronique embarquée, un marché enfoui où le marketing n’a que peu d’importance : les utilisateurs se moquent en effet de savoir quel processeur équipe le système ABS de leur voiture ou le cœur de l’électronique de leur télévision LCD. Le succès des PDA puis des smartphones a toutefois permis de mettre en avant l’architecture ARM, les constructeurs utilisant les caractéristiques des processeurs comme argument de vente pour leurs terminaux mobiles. Au vu d’un tel changement, la compagnie se sent aujourd’hui pousser des ailes. Elle tente ainsi d’investir les deux marchés qu’elle avait jusqu’alors évités, faute d’une force de frappe marketing suffisante ; l’informatique personnelle et le monde des serveurs. Un juste retour aux sources pour cette technologie, utilisée à ses débuts au sein d’ordinateurs personnels et de machines professionnelles fonctionnant sous UNIX.

Reste à espérer que la compagnie anglaise arrivera (cette fois-ci) à s’imposer sur ces deux segments de marché, qui représentent certes un faible volume de composants (comparé au secteur de l’électronique embarquée), mais restent ô combien stratégiques en terme d’image de marque. Joyeux anniversaire ARM !


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