Associated Press traque les pilleurs d’informations du web

Régulations

Lasse de voir ses contenus dévalisés sur le net, l’agence de presse américaine Associated Press a décidé de suivre ses contenus  à la trace, grâce à des mouchards électroniques. Attention au copier-coller…

L’agence de presse américaine Associated Press va sûrement se lancer dans la plus grande traque de son histoire. Elle a décidé de pister les utilisateurs-pirates de ses dépêches à l’aide de mouchards électroniques. « Nous voulons être sûrs que cet usage est conforme à nos conditions d’utilisation », a indiqué le président du directoire de l’agence AP Dean Singleton. En effet, si les agences de presse restent la plus grande source d’information en temps réel pour les médias du monde entier, elles n’en reçoivent pas pour autant la compensation économique légitimement attendue.

Le contenu à un prix !

L’agence France Presse, Reuters ou Associated Press… ne sont pas gratuites. Elles offrent à leurs clients des abonnements à des flux d’information plus ou moins spécialisés. Abonnements qui permettent d’avoir accès à des textes, des photos et des vidéos. Or, de nombreux portails, médias et réseaux en ligne se servent abondamment des produits des agences sans jamais leur verser un centime comme l’a expliqué le dirigeant d’AP : « dans une économie où le contenu numérique occupe désormais une place de premier ordre, un volume non négligeable de dépêches produites par AP est utilisé sans autorisation de leurs auteurs ou sans une contrepartie financière équitable ».

Abus et pillages toujours de mise malgré quelques améliorations

En tatouant ses contenus, Associated Press suivra en temps réel l’utilisation de ses produits et, l’identité de ses utilisateurs

non autorisés. Cette technique sera dans un premier temps appliqué aux textes puis, à terme, étendue aux images et aux vidéos. AP précise toutefois que ces mouchards seront des outils de traçage et qu’ils ne seront pas « destinés à engager des poursuites judiciaires ».

En dépit de mises en garde répétées, les abus et le pillage ont donc eu raison de la patience des agences de presse. En 2005, AP et l’AFP avaient porté plainte séparément contre le moteur de recherche Google qui se livrait, lui aussi, à une reprise des dépêches sans autorisation. L’affaire s’était réglée peu après par la signature d’accords sur les droits d’auteurs.

Depuis, quelques améliorations ont eu lieu. Parmi elles, la signature d’un accord entre Google et quatre agences de presse (Associated Press, l’AFP, Press Association et Canadian Press) afin que celles-ci perçoivent une partie des revenus générés par les publicités sur Google News, situées à côté de leurs dépêches. Les agences restent néanmoins sur leurs gardes puisqu’après Google, c’est le blog collectif Drudge Retort qui a fait l’objet, l’année dernière, d’une attaque en règle d’Associated Press. Les agences ne se laisseront plus faire, qu’on se le tienne pour dit.


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