Atomiz: ‘le HSDPA permettra de personnaliser les contenus’

Régulations

David Valcke, le p-dg d’Atomiz, spécialisé dans les plates-formes de diffusion de vidéos en ligne, revient sur les enjeux du haut débit mobile

Le HSDPA (

High speed downlink packet access) est sur toutes les bouches depuis plus d’un an. Evolution de la 3G, elle promet, pour ne pas changer, des débits encore plus élevés et une meilleure souplesse d’utilisation. Car le HSDPA permet de dépasser allègrement le megabit par seconde (et 3 Mb/s à terme) contre 350 kb/s pour l’UMTS (3G) et 200 pour l’Edge. On s’approche ainsi d’une connexion ADSL en mobilité: vitesse et confort. Mais là où l’UMTS a mis beaucoup de temps à être déployé et lancé, l’arrivée du HSDPA sera beaucoup plus rapide. Car cette technologie ne nécessite pas un nouveau réseau, mais l’adaptation du réseau 3G existant. Depuis plusieurs semaines, les opérateurs français multiplient les annonces et lancent de grands tests en grandeur nature (lire nos articles). Mais que nous promet cet HSDPA ? Plus de débit d’accord, mais pour quoi faire ? Le français AtomiZ a déjà tout un catalogue de réponses. Cette entreprise française indépendante est spécialisée dans les plates-formes logicielles permettant d’encoder, de transporter et de diffuser en streaming des contenus vidéos sur les réseaux et notamment, les réseaux sans-fil. Il a notamment été choisi par Orange comme partenaire technologique HSDPA après s’être ‘fait les armes’ avec la 3G. Pour David Valcke, p-dg de l’éditeur, “la vidéo en streaming sur mobile n’est pas encore un marché mature, mais ce type de contenus est aujourd’hui démocratisé grâce au succès de la 3G”, explique-t-il. “Aujourd’hui, les contenus les plus consultés sont issus de marques fortes mais je pense que les choses vont changer. D’une part parce que les utilisateurs vont de plus en plus s’approprier ces contenus. Et d’autre part, grâce à l’arrivée du HSDPA”. Pour Atomiz, le haut débit mobile permettra d’abord et avant tout de personnaliser les contenus. “D’un média de masse et linéaire, on se dirige vers un média personnel, partageable et paramétrable”, explique David Valcke. La vidéo mobile prendrait alors le chemin de la future IPTV (télévision sur Internet) dont l’usage sera très personnalisé, afin de coller à l’esprit tribu. Atomiz travaille d’ailleurs avec Alcatel, très en pointe sur ce sujet (lire nos articles). Comme pour la télévision par ADSL, il s’agit de transformer le mobile en média personnel dont l’usage est plébiscité par les 11-25 ans. En Europe, rappelons que l’audience TV des 15-25 ans a été divisée par deux… “Plus c’est spécifique, plus c’est pertinent”, renchérit le p-dg qui table donc sur un décollage des services et du confort, pas des contenus avec le HSDPA. Néanmoins, Atomiz compte également sur des contenus vidéos plus longs, avec par exemple des courts-métrages. L’éditeur travaille actuellement avec Orange sur ce terrain. Mais David Valcke reconnaît que ce type de contenu vise plus une consommation à partir d’un PC portable doté d’une carte HSDPA. Si la vidéo est un des services les plus utilisés par les abonnés 3G, la télévision semble devenir la ‘killer’ application de la 3G. La prochaine arrivée de la TV mobile hertzienne en direct ou TNT mobile (en opposition à la TV diffusée sur les réseaux) ne risque-t-elle pas de concurrencer frontalement la vidéo ? “Pour nous, les deux offres sont parfaitement complémentaires. La TV mobile adressera un marché de masse, avec des contenus linéaires. La vidéo sera de son côté plus personnelle”. Pour autant, le p-dg pose la question des technologies. “Mais je me demande si le DVB-H (norme de diffusion de TV en direct) est pertinent. En effet, le HSDPA permet une qualité équivalente. Par ailleurs, il reste encore beaucoup de zones d’ombres avec le DVB-H et les technologies hertziennes: problèmes de fréquences, de déploiement d’antennes…, ce qui retardera le lancement de la TV mobile”. Atomiz: quelques chiffres

Société indépendante, Atomiz a réalisé en 2005 un chiffre d’affaires de 1,7 million d’euros contre 1 million un an plus tôt. Preuve que le marché de la vidéo mobile commence à bouillir. Mais on ne peut pas encore parler d’explosion. Elle a dégagé un bénéfice de 300.000 euros et compte 25 salariés. Atomiz fournit des solutions à Orange, SFR, Universal Mobile, NRJ Mobile, MobiStar (Belgique), Orange Suisse et T-Mobile en Allemagne.


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