Atos : une SSII de moins en moins française

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A l’occasion de l’annonce de ses résultats semestriels, la SSII a confirmé l’ensemble de ses objectifs financiers pour 2013. Malgré la faiblesse de l’activité en France, qui n’est plus désormais que le 4ème marché de la firme dirigée par Thierry Breton.

Bénéfices en hausse, filialisation de l’activité de paiements (Worldline, qui emploie 7100 salariés), redressement des marges dans l’intégration de systèmes (en progression de 1,6 point en un an). La publication hier des résultats semestriels de la SSII Atos a permis de vérifier la solidité du modèle financier de la société, dont la marge opérationnelle a atteint 6,5% sur les six premiers mois de 2013 (+15%). Mais aussi d’en toucher les limites, à savoir la difficulté qu’éprouve la société à retrouver le chemin d’une croissance durable.

Sur le premier semestre 2013, le chiffre d’affaires est ainsi en recul de 0,6 % (à 4,3 Md€), même si la SSII dirigée par Thierry Breton indique avoir connu une activité stable au second trimestre. Ce tassement s’explique en grande partie par le recul des activités en Allemagne (-4,9 %), mais surtout par le gadin d’Atos en France (-9,5% sur un an, à 514 M€). Une sévère accélération de la décroissance en comparaison de la moyenne observée en 2012 (-2%). Notons qu’en mai dernier, le patron de l’entité française du groupe, Laurent Kocher, qui avait été débauché chez Orange moins d’un an plus tôt, a été brutalement remplacé à la tête de la filiale par un homme du sérail, Jean-Marie Simon, auparavant en charge des RH.

France : rentabilité dégradée

L’effritement de l’implantation historique de la SSII – dont l’essentiel du management est rappelons-le d’origine française – est d’ailleurs assez ancien. En 2011 déjà, le chiffre d’affaires de la société en France avait reculé de 2,9%. Résultat : alors que la France était encore le premier marché d’Atos en 2010 (devant le Benelux et le Royaume-Uni), elle n’est plus aujourd’hui que le 4ème (derrière Royaume6Uni & Irlande, Allemagne, Benelux & Pays nordiques).

Certes ce bouleversement dans la hiérarchie reflète le nouveau visage d’Atos depuis le rachat de Siemens IT Solutions and Services (en juillet 2011). Mais difficile de ne pas y voir également la volonté d’une direction d’être plus sélective dans les contrats signés sur un marché dont les performances financières handicapent, depuis de nombreux trimestres déjà, les moyennes du groupe.

Sur le premier semestre 2013, la marge opérationnelle de la France se limite à 1,6%, ce qui en fait l’entité opérationnelle la moins performante du groupe. Comme déjà sur l’ensemble de l’année 2012. En 2011, si la France n’était pas le mouton noir du groupe en terme de marge opérationnelle, cette dernière était limitée à 2% (contre 6,2% pour la moyenne du groupe).

Comme au plus fort de la crise financière, les difficultés hexagonales semblent largement provenir des activités d’intégration. Sur son site, la CGT de cette branche en France parle même d’un recul de l’activité de 15% depuis le début de l’année 2013 et de la perte de plus de 700 salariés depuis début 2012. Selon le même syndicat, le nouveau DG de l’entité française doit présenter son plan stratégique pour redresser l’activité hexagonale en septembre.

Au lendemain de l’annonce de ces résultats, à 11h30, le titre Atos abandonnait près de 2,8% à la bourse de Paris.


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