AT&T prend le contrôle de Bell South pour 67 milliards $

Régulations

Le nouveau groupe, s’il est autorisé par les autorités de régulations américaines, constituera le numéro un mondial des télécoms, avec les mobiles (Cingular Wireless) et une présence accrue dans les sud-est des Etats-Unis

AT&T a conclu un accord pour l’achat de BellSouth pour 67 milliards de dollars environ. L’opérateur va ainsi étendre son activité dans le sud-est des Etats-Unis. Par ailleurs, il acquiert ainsi les 40% de capital restant de Cingular Wireless qu’il ne possèdait pas encore. Les actionnaires de BellSouth recevront 1,325 action ordinaire d’AT&T par action ordinaire de BellSouth. Sur la base du cours de clôture d’AT&T du 3 mars, l’action ordinaire de BellSouth est valorisée à 37,09 dollars, soit une prime de 17,9%, constate l’agence Reuters. La valorisation capitalistique de la nouvelle entité avoisinera les

150 milliards de dollars. Selon le président d’AT&T, Edward Whitacre Jr., cette fusion devra permettre des économies estimées à 2 milliards par an. Pour rappel, AT&T a été “reconstitué” il y a quelques mois, suite à son rachat-fusion par SBC Communications, pour 16 milliards de dollars. Selon les analystes, ce regroupement entre AT&T et BellSouth donnera naissance à un groupe dont la clientèle s’étendrait du Connecticut à la Floride et à la Californie. “La clientèle professionnelle du nouveau groupe représentera plus de la moitié du Fortune 1000, soit les 1.000 premières entreprises américaines classées par le chiffre d’affaires“, observe Reuters. L’opération devrait permettre de regrouper Ma Bell avec quatre des sept Baby Bells originelles -du temps où elles faisaient partie du ‘trust’ AT&T, jusqu’au début des années 80. La nouvelle entité, si elle est acceptée par les autorités, viendra se placer à la première place mondiale, devant Verizon Communications (qui a racheté MCI, ex Worldcom l’an passé). Qwest Communications International, la dernière des Baby Bells, couvre une région s’étendant du Minnesota à Washington. AT&T détient déjà 60% de Cingular Wireless, premier opérateur mobile américain, et BellSouth les 40% restants et, du fait de cette nouvelle fusion, cette coentreprise se retrouvera sous un seul et unique toit, “une perspective qui pourrait plaire à certains investisseurs de Wall Street” commente Reuters. L’opération devra obtenir l’aval des autorités de la concurrence ainsi que celui de l’incontournable FCC (Commission Fédérale des Communications). “Il est probable que l’opération sera approuvée“, estime Blair Levin, analyste de Stifel Nicolaus, ancien secrétaire général de la FCC -interrogé par Reuters. S’il y a acceptation, ce sera sous conditions. Sans doute, les mêmes que celles qui avaient été imposées pour la fusion AT&T-SBC: ouverture à la concurrence de certains locaux techniques, contrôle des prix et accès sans contraintes à Internet, pour les consommateurs. La FCC avait mis à peu près huit mois pour examiner l’accord AT&T-SBC mais dans ce cas “ça devrait aller un peu plus vite”, estime Levin. Mais selon le Wall Street Journal, il faut plutôt tabler sur un an. Pour Edward Whitacre Jr, p-dg du nouvel AT&T, cette acquisition serait la dernière en date d’une longue série d’opérations audacieuses. Chez SBC, Whitacre avait pris le contrôle des Baby Bells régionales Pacific Telesis et Ameritech Corp. Il avait également participé au montage du rachat d’AT&T Wireless par Cingular Wireless pour 41 milliards de dollars. Lorsqu’il était chez SBC, Whitacre avait songé à acquérir BellSouth mais s’était finalement reporté sur AT&T. (Sources: AFP, Reuters, Wall Street Journal)


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