AT&T et Time Warner : une méga-fusion qui en appelle d’autres

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Un juge fédéral américain a autorisé mardi la fusion à 85 Md$ entre le groupe de télécommunications AT&T et le géant des médias Time-Warner.

Le procès antitrust initié par le Département de la justice américain (DOJ) tourne clairement à l’avantage d’AT&T. L’opérateur a défendu avec succès son rachat du groupe de médias Time-Warner. Une opération à 85 milliards de dollars annoncée en 2016.

Mardi 12 juin, le juge Richard J. Leon de la cour fédérale du District de Columbia a débouté le DOJ. Ce dernier avait multiplié les efforts ces derniers mois pour bloquer la fusion. Mais il n’a pas été en mesure, selon le juge, de prouver que le rachat réduirait le choix des consommateurs et orienterait à la hausse les prix des services internet et de télévision.

AT&T et Time Warner, de leur côté, ont réaffirmé la nécessité d’un rapprochement pour mieux rivaliser avec des plateformes technologiques comme Netflix et Amazon.

Le rapprochement entre AT&T et Time Warner va donc bien créer un poids lourd du numérique. AT&T est l’opérateur historique américain et le second groupe de téléphonie mobile du pays derrière Verizon Wireless. Time Warner, de son côté, détient des chaînes et réseaux audiovisuels tels que HBO et CNN, entre autres actifs.

Cette convergence tuyaux-contenus annonce d’autres méga-fusions.

Disney, Fox, Comcast, T-Mobile US

Les studios Disney ont annoncé en décembre acquérir 21st Century Fox pour 66 milliards de dollars. Le câblo-opérateur Comcast s’apprêterait à faire une contre-offre. De son côté, T-Mobile US s’est offert Sprint pour 26 milliards… Ces opérateurs pourraient profiter du feu vert donné à AT&T et Time Warner. Le risque de blocage s’éloignant.

Avant le procès, Makan Delrahim, responsable de la division antitrust du DOJ, insistait pour que AT&T et Time Warner vendent certains de leurs actifs. Leur refus a amené le ministère a déposé plainte en novembre dernier. Une action soutenue par la Maison Blanche.

Donald Trump, alors en campagne en 2016, avait critiqué ce projet de fusion verticale (entre deux groupes qui ne sont pas des concurrents directs). La relation tumultueuse entre le président des États-Unis et les médias, en particulier CNN, n’a rien arrangé.

Faire appel reste possible, même si le juge l’a déconseillé. Après 18 mois de bras de fer et des semaines de procès, l’industrie du divertissement et ses investisseurs veulent avancer.

David McAtee, directeur juridique d’AT&T, a indiqué dans un communiqué vouloir conclure la fusion avec Time Warner « au plus tard le 20 juin 2018 ». Pour rapidement proposer aux clients des contenus vidéo « plus abordables, plus mobiles et plus innovants ».

(crédit photo de une © AT&T)


Auteur : Ariane Beky
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