Auroragold : l’industrie des télécoms dément l’espionnage des réseaux mobiles

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Pour la GSMA, qui regroupe 800 opérateurs dans le monde, les données interceptées par la NSA ne suffisent pas pour pirater un réseau mobile.

La GSMA a réagi à l’article de The Intercep relatif aux piratages des réseaux cellulaires mondiaux par la NSA sur la base des documents exfiltrés par le lanceur d’alertes Edward Snowden. On y apprenait notamment que des centaines d’opérateurs et d’organisations internationales avaient été espionnées par l’agence américaine de la sécurité afin d’exploiter des failles réseau, voire d’en créer, pour y brancher ses oreilles indiscrètes.

Mais, selon l’association qui regroupe 800 opérateurs dans le monde et 250 acteurs de l’écosystème (équipementiers, éditeurs de logiciels, etc.) dans l’objectif de défendre les intérêts de l’industrie des télécoms, « il n’y a aucune évidence de ciblage actif ou de systèmes, communications ou archives de la GSMA compromis ».

Des données publiques

L’Association réfute également l’idée que l’opération Auroragold de la NSA ait réussi à tirer des informations des groupes de travail qu’elle a espionné depuis 2011, notamment à travers 1200 comptes emails piratés. « Les documents contiennent des informations sur les groupes de travail de la GSMA qui sont incomplètes, mais les noms et structures sont largement disponibles à partir d’une grande variété de sources publiques », se justifie la GSMA.

Quant aux informations recueillies par la NSA sur les données IR.21 (données techniques de réseau partagées par les opérateurs et autres acteurs du secteur) et exposées dans l’article de The Intercept, « elles sont trop incohérentes » pour provenir de la GSMA. Dans tous les cas, « il est important de noter que les informations contenues dans un IR.21 ne suffisent pas à elles seules pour ‘hacker’ un réseau cellulaire », précise l’association.

La GSMA reste préoccupée

En ne validant, selon des conclusions préliminaires, aucune des informations soulignées dans l’enquête du média créé par Glenn Greenwald, la GSMA semble enlever tout crédit à l’efficacité des méthodes d’espionnage de la NSA pourtant reconnues par les membres du congrès américain qui ont voté contre sa réforme. Ce qui n’empêche pas la GSMA de se sentir très concernée par les tentatives d’accès ou d’interférence des données de ses membres. « Nous continuerons de surveiller rigoureusement l’accès [à nos] systèmes, les communications et la documentation archivée, et nous travaillerons avec toutes les parties prenantes pour mettre en place de nouvelles mesures pour s’assurer que la gestion des données collectives et nos règles de sécurité restent robustes », avance l’association. De quoi impressionner la NSA.


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