Avant de se scinder en deux, HP casse son modèle propriétaire

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HP se met en ordre de bataille en vue de la scission de ses activités en 2015. La partie entreprise s’ouvre à de nouveaux horizons : x86 pour les serveurs critiques, Cisco pour les systèmes convergés, etc.

11 000 visiteurs sont venus à Barcelone écouter la bonne parole de HP qui y tient son évènement Discover 2014. Cette édition prend une teinte particulière avec la récente annonce de scission de la société en 2 activités, offres pour les entreprises d’un côté et PC/imprimantes de l’autre. Une décision qui sera effective en novembre 2015. Meg Whitman, présidente et CEO de HP, est venue en personne expliquer ce choix en rappelant quelques éléments, « en 2012, nous avons stabilisé HP. En 2013, nous avons débuté la reconstruction de HP avec un retour à la confiance des investisseurs. Aujourd’hui, nous avons retrouvé une trésorerie, le paiement d’un dividende et une reprise des investissements dans la R&D ». Elle ajoute un rien bravache « HP est de retour et plus fort ». Et évacue les derniers résultats financiers qui ont montré un recul des activités, sauf pour les PC.

« La scission est une bonne voie, car elle est guidée par la volonté de s’adapter au marché qui nécessite une plus grande agilité et un nouveau style pour l’IT », explique la dirigeante reprenant le credo de la firme depuis 2 ans. Elle en appelle même à la caution des deux fondateurs de la société (William Hewlett et David Packard) : « la scission respecte l’esprit des fondateurs ; au lieu d’avoir un garage, nous en aurons deux et la légende pourra continuer ». Au final, la stratégie selon elle reste la même : « l’innovation et apporter des solutions pour le business des entreprises ».

Les serveurs critiques HP basculent dans l’univers x86

Mais les annonces de la première journée de Discover montrent que le changement de stratégie est plus profond et marquent dans certains cas une rupture forte. Ainsi, dans le domaine des serveurs critiques, HP a présenté Integrity Superdome X et Integrity Non Stop X qui reposent sur des plateformes x86, principalement via des puces Intel Xeon E7. Cela signifie que HP s’est enfin converti à Linux et Windows pour les applications critiques. Jusqu’à maintenant, la firme de Palo Alto avait focalisé cette gamme de serveurs sur Itanium, une puce co-réalisée avec Intel et un OS propriétaire HP-UX. Pourquoi ce revirement ? « Les ventes de serveurs Unix sous Itanium ont baissé depuis quelques années et les éditeurs ont développé pour des infrastructures Linux. Par ailleurs, le marché a changé avec une migration vers le monde Linux », constate Peter Evans, vice-président Global Marketing de la division HP Server. Une autre raison de cette migration réside dans la réduction des coûts des serveurs critiques. En passant sous x86, « nous sommes plus compétitifs que les solutions IBM et Oracle Solaris », affirme le responsable.
superdome X

Pas question pour autant de se retirer des processeurs Itanium, « nous allons continuer à investir dans Itanium avec Intel, car il y a des secteurs comme la banque et la finance où les serveurs Itanium sont très présents ». Cette remarque fait écho à une confrontation avec Oracle qui accusait HP d’avoir négocié secrètement la fin d’Itanium avec Intel et, en conséquence, avait suspendu le support de ses produits sur cette plateforme. L’affaire s’était terminée devant la justice et Oracle avait dû poursuivre ses développements sur Itanium.

Sur le plan technique, le Superdome X pourra accueillir jusqu’à 16 sockets et 12 To de mémoire, de quoi faire tourner des applications Big Data beaucoup plus rapidement. Cette solution est d’ores et déjà disponible. Par contre, il faudra attendre le mois de mars pour le serveur Non Stop. Ce dernier peut être divisé en systèmes dotés au maximum de 16 CPU et 3 To de RAM.

Le stockage de plus en plus unifié

Sur la partie stockage, l’heure est à l’unification. Cette dernière prend plusieurs formes. HP a présenté la baie 3Par Storserv 7440c, qui peut être utilisée comme une solution de stockage unifiée comprenant aussi bien du stockage classique (jusqu’à 940 disques), full flash (240 SSD cMLC avec des configurations de 2 ou 4 contrôleurs) ou hybride. Elle peut comprendre jusqu’à 3,5 Po et affiche en full flash des performances de 900 000 IOPS avec une connectivité FC 16 Gb. Autre élément de rapprochement, la solution « flat backup », qui est un lien direct entre le stockage primaire doté de fonctionnalité de snapshot et la solution de backup et d’archivage StoreOnce. « Nous avons supprimé une complexité dans les strates entre le stockage et l’archivage et donc gagné en rapidité à la fois sur la sauvegarde, mais aussi sur la restauration », explique Chris Johnson, vice-président et general manager HP Storage EMEA.

Il indique : « à terme, nous allons nous appuyer sur des outils analytiques comme IDOL d’Autonomy pour aller chercher différentes informations sur les plateformes de stockage ». Une proposition rendue possible par la gestion dans les baies du stockage en mode fichiers (NFS), objets et blocs (CIFS) à travers la solution « File Persona ». HP positionne clairement sa stratégie en concurrence frontale avec VNX et VMAX d’EMC et met à disposition des services de migration pour les clients de ce dernier. Sur le plan tarifaire, la baie 7440c est disponible à partir de 78 000 dollars.

Le tout-en-un s’ouvre au best-of-breed

Les systèmes convergés sont un axe de croissance important pour HP. Les analystes montrent que ce marché est en plein essor notamment pour la création de Cloud privé et la société américaine entend bien en profiter. La stratégie dans ce domaine se déploie selon deux axes. Le premier est l’ouverture : ainsi le Converged System 700 va accueillir sur sa partie réseau des commutateurs Cisco. « Aujourd’hui, Cisco a une part de marché énorme sur le réseau, si nos clients le souhaitent nous devons être capable de l’intégrer dans une solution convergée », justifie Peter Evans. Un choix qui s’explique aussi par le retrait récent de l’équipementier de l’entreprise qu’il avait co-fondée avec EMC, VCE. « Dans les datacenters, il y a de multiples fournisseurs, il est donc important de valider certains éléments communs au sein de nos solutions », précise le responsable.

Autre axe de développement, l’administration de l’infrastructure avec une mise à jour d’OpenView, qui intègre des traitements analytiques pour résoudre plus rapidement les problèmes, les pannes. Antonio Neri, directeur général de l’activité serveur et réseau de HP, résume l’objectif d’OpenView : « éviter de perdre du temps à manager l’infrastructure pour se concentrer davantage sur l’innovation ». En complément, HP a présenté un autre système convergé, Helion CloudSystem CS200-HC, qui s’adresse aux petites entreprises. Ce « Cloud in a box » s’appuie sur Helion, la plateforme OpenStack de HP. Il devrait être disponible au début de l’année 2015.

HP CS-200

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