Avec BlackBerry Mobile Fusion, RIM veut redonner le pouvoir aux administrateurs de parcs mobiles

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BlackBerry Mobile Fusion est une suite de solutions de gestion des terminaux mobiles qui s’ouvre aux environnements Android et iOS en plus des BlackBerry.

RIM (Research in Motion) annonce le BlackBerry Mobile Fusion (BMF), une nouvelle solution de gestion des terminaux mobiles au sein de l’entreprise que nous avait évoqué Médéric Leborgne à l’occasion du récent BlackBerry Innovation Forum 2011 de Paris. Une solution ouverte puisque BMF gère aussi bien smartphones que tablettes mais aussi les environnements BlackBerry que Google Android et Apple iOS. Windows Phone sera supporté dans des versions futures « s’il y a une opportunité de marché », précise le responsable avant-vente et grands comptes de RIM France. Ce qui n’est pas le cas pour l’heure.

BMF répond à la réalité des usages à laquelle sont désormais confrontées les entreprises. Avec l’explosion des smartphones depuis l’avènement de l’iPhone en 2007, le nombre de terminaux mobiles « exotiques », voire inconnus de la DSI, qui se connectent au SI de l’entreprise explose, selon une récente étude. En résumé, une entreprise équipée d’un serveur BlackBerry (BES) ne peut plus se contenter de gérer uniquement des smartphones BlackBerry. Un phénomène qui s’accentue avec la tablette où l’iPad prédomine largement.

L’IT dépassé par les initiatives personnelles

Sur le papier, les fonctionnalités de la nouvelle plate-forme sont riches. Derrière une interface de contrôle unique, BMF offrira la gestion des actifs, la gestion de la configuration, la mise en place des règles de sécurité, une solution de protection des données en cas de vol du terminal, l’administration par groupe et utilisateur, la gestion multi appareils (smartphone et tablette) par utilisateur, la gestion des applications, de la connectivité (VPN, wifi, certificat…). Le tout hautement évolutif, promet l’entreprise canadienne.

Surtout, il redonne la possibilité aux responsables informatiques de contrôler les terminaux et usages qui se connectent au SI de l’entreprise. « L’IT est dépassé par les initiatives des utilisateurs, témoigne Médéric Leborgne. Un client que j’ai visité récemment m’avouait que sur les 1 500 BlackBerry de son entreprise, il y en avait 300 qui se connectaient à Exchange sans que le responsable informatique ne les voit. » BMF vise donc à permettre aux entreprise de mettre en oeuvre la politique du « Bring your own device » (BYOD) de manière la plus simple possible pour l’administrateur.

Modularité

Concrètement, BMF est une suite d’outils modulaires qui rassemble les serveurs BES (BlackBerry Enterprise Server) et sa version gratuite limitée BES Express, la gestion de la tablette PlayBook et les MDM (Mobile Device Management) pour gérer les environnements Android et iOS. S’y greffe Balance, la solution de RIM de partage des données au sein du terminal permettant de distinguer les communications et données à caractères professionnels des usages personnels. L’ensemble étant disponible derrière une interface unique et « plus graphique » que celle de BES (donc plus accessible).

Rappelons que Balance, qui s’appuie sur l’attribution de « tag » (étiquette) aux données entrantes selon leurs profils (et non pas une architecture virtualisée qui impose le basculement d’une session à l’autre), assure une perméabilité entre l’univers professionnel de l’usage personnel. Ainsi, l’administrateur peut configurer le paramétrage pour interdire l’envoi d’un email professionnel depuis une adresse personnelle.

Balance réservée aux seuls BlackBerry

Mais, sous BMF, Balance limitera ses compétences aux seuls terminaux BlackBerry. Ce qui en limite l’utilité si l’iPhone, par exemple, s’impose majoritairement au sein d’une organisation. Néanmoins, le reste des policies de BES s’appliquent par défaut dans BMF. La gestion des courriels et PIM, comme des accès applicatifs des partenaires (la version Sharepoint optimisée pour donner directement accès aux documents sur un mobile, Lotus Sametime, Lync/Communicator et, plus récemment, Office 365) sera assurée sous BMF.

RIM profite ainsi de sa présence dans 90   % des entreprises du classement Fortune 500 pour élargir ses solutions de gestion des terminaux. Faute de pouvoir concurrencer les iPhone et Android (le constructeur est même passé derrière ZTE au deuxième trimestre) sur le marché des smartphones, RIM semble donc concentrer ses efforts sur son offre serveur d’entreprise. Mais n’en maintient pas moins ses développements de produits mobiles, notamment avec une Playbook 2 qui supportera 3G et applications Android, la version 7 de BlackBerry OS, le support du NFC (Near Field Communication) pour les transactions à courtes portées et BBX, une version unifiée tablette-smartphone du système.

Pour l’heure, BMF est entrée dans sa phase de bêta test auprès de clients pilotes en vue d’apporter les dernières corrections. L’arrivée de la solution sur le marché est prévue en début d’année, en mars 2012 au plus tard. Les conditions commerciales ne sont pas encore arrêtées. « Beaucoup de clients attendent BMF », assure Médéric Leborgne. Encore un peu de patience…

Cet article est une version enrichie de RIM veut simplifier la gestion des smartphones et tablettes BlackBerry, Android et iOS en entreprise.


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