Avec son nouveau réseau, Completel gagne des clients. Mais…

Régulations

Les lourds investissements réalisés par l’opérateur alternatif afin d’étendre
son réseau en DSL ont pesé sur la rentabilité

“Nous avons tenu tous nos objectifs 2006, tous nos segments sont en croissance, dont certains à deux chiffres”, s’enthousiasme Jérôme de Vitry, président de Completel, opérateur alternatif pour les entreprises.

Le groupe a d’abord et surtout profité de l’extension de son réseau. Comme quoi, les investissements de ce type finissent toujours pas payer. Au départ uniquement en fibre (10.000 kilomètres), le groupe a déployé un réseau DSL en 2005-2006. 130 millions d’euros ont été investis en 2006, dont 60 millions pour les NRA. 7.300 sites DSL sont opérationnels à fin 2006 contre 3.741 à fin 2005.

Du coup, Completel couvre désormais 110 agglomérations en France et revendique la place de 3e réseau dégroupé du pays. Cette extension géographique du réseau avec le DSL permet désormais au groupe d’adresser beaucoup plus d’entreprises et d’établissements de service public comme les mairies ou les collectivités. D’autant plus que le groupe a racheté à bon prix les liaisons en fibre entre les villes. L’opérateur affiche 13 millions de lignes couvertes, juste derrière Free et Neuf Cegetel.

Completel peut donc proposer des offres dual comportant un volet en fibre optique et un volet DSL. “Cette combinaison est obligatoire pour adresser tout le marché, les deux méthodes d’accès étant critiques pour l’entreprise “, explique Jérôme de Vitry.

Néanmoins, l’opérateur précise que pour le marché des PME, les ventes sont avant-tout axées sur le DSL, qui reste moins cher que la fibre optique

L’extension du réseau a donc permis au groupe de prospecter plus de clients. Ce qui se traduit par une augmentation du chiffre d’affaires de 23% à 233,3 millions d’euros pour 2006. On note d’ailleurs une forte accélération au 4e trimestre, période où le réseau est devenu opérationnel.

Le marché Entreprises représente le coeur de l’activité (+19% à 178,8 millions d’euros). Mais c’est l’activité de revente aux opérateurs et aux FAI qui bondit : +41% à 54,5 millions d’euros. Completel profite notamment de son contrat de fourniture de réseau à Darty pour son offre Dartybox lancée en octobre dernier.

En terme de services, Completel se réjouit du redémarrage de l’activité voix. Elle progresse de 15% sur un an à 117,3 millions grâce à une stabilité des tarifs suite à une guerre des prix initiée en 2005. De son côté, les revenus ‘données’ progressent de 28% à 61,5 millions.

Pour autant, ces bons résultats sont compensés par une perte de rentabilité due aux investissements réseaux et aux coûts de maintenance. La marge brute progresse de 13% à 89,6 millions d’euros. L’Ebitda recule à 20,5 millions d’euros contre 26,5 millions un an plus tôt. Globalement, Completel affiche une perte nette de 37,7 millions d’euros contre -12,6 millions un an plus tôt.

Mais le groupe estime que les plus grandes difficultés appartiennent désormais au passé. Le réseau déployé, les investissements vont quasiment être divisés par 3 en 2007 : 50 millions d’euros contre 130 millions en 2006. Par ailleurs, l’opérateur vise un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros et une amélioration de la rentabilité générée par la croissance des revenus et l’optimisation réseau. L’opérateur estime donc renouer avec un résultat net positif en 2008.

Côté prospective, Completel entend développer son activité de revente aux FAI résidentiels comme avec Darty. “Nous avons des discussions avec des acteurs qui souhaitent lancer une offre ADSL”, explique Jérôme de Vitry sans entrer dans les détails. Et l’opérateur ne s’interdit pas de revendre ses capacités de fibre optique pour une offre grand public. “Ce n’est pas notre stratégie de faire du résidentiel mais nous avons un réseau dense en fibre qui pourrait en effet intéresser des acteurs du marché”, précise le président.

Enfin, concernant les rumeurs récurrentes de rachat de Completel, Jérôme de Vitry souligne que son groupe est régulièrement approché mais que les niveaux de valorisation sont inférieurs aux perspectives. Pour autant, étant côté en bourse, Completel est par définition opéable.


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