La blockchain : une opportunité complexe pour les services publics

Blockchain

À terme, cette technologie occupera une place majeure dans le débat public et l’appel d’experts en sécurité semble indéniable pour accompagner ce changement. Cette technologie sera-t-elle perçue comme un vecteur de rapprochement des services publics et des citoyens ?

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Souvent décrite comme étant un moyen disruptif se donnant pour ambition de supprimer les tiers de confiance, la blockchain est une technologie de stockage permettant de transférer des données de manière transparente et sécurisée en fonctionnant sans organe central de contrôle.

À l’heure actuelle, ce procédé connait un tel engouement (qui ne devrait pas fléchir dans les années à venir) que les prévisions pour 2022, ciblent à 11,7 milliards le montant de dépenses liées à la blockchain.

De plus en plus employé dans nombre de secteurs, il parait évident que la blockchain ne peut être qu’un levier potentiel de modernisation à côté duquel les services publics ne doivent pas passer.

« L’État effectuera des expérimentations sur la blockchain en cours de mandat, en relation avec des collectivités territoriales » avait d’ailleurs déclaré le secrétaire d’Etat au numérique, Mounir Mahjoubi.

Cependant, derrière ce phénomène, plusieurs limites et interrogations se posent, parmi lesquelles certaines entravent l’évolution de ce mouvement en plein essor.

Une technologie méconnue et complexe

Aujourd’hui, l’univers de la blockchain est marqué par de nombreuses difficultés techniques. En termes de capacité de transaction, le temps et l’énergie nécessaires pour miner un bloc, c’est-à-dire pour que celui-ci soit validé par un des membres du réseau, demeure très important.

En termes de capacité de stockage, la taille de la blockchain en constante croissance nécessite des espaces mémoires considérables. Ainsi, son architecture naissante semble être pour le moment une limite pour une exploitation à grande échelle.

De plus, la difficulté de la blockchain à s’associer avec les systèmes informatiques existants est un frein majeur dans les organisations. En plus d’exiger de profonds changements sur ces dernières, cette technique exige des investissements conséquents pour une transition réussie.

En outre, un déficit de compétences techniques est clairement identifié dans les services publics et, plus globalement, au sein des entreprises du fait de l’émergence de cette technologie.

Des limites d’un point de vue fonctionnel

Le réseau et les technologies de networking constituent deux piliers dominants et nécessaires pour sécuriser et accélérer l’ensemble des échanges.

Cependant, dans certains domaines, le temps de latence élevé est une entrave à l’implémentation de la blockchain. En effet, une opération prend en moyenne 8 minutes ce qui limite forcément l’adoption de cette technologie malgré son caractère novateur.

Aussi, la transparence des transactions apparaît à la fois comme un avantage, mais aussi un inconvénient lorsqu’on échange des données à caractère personnel. De nombreuses difficultés sont visibles dans la protection de la confidentialité des données contenues dans les transactions.

Néanmoins, plusieurs utilisations restent compatibles avec ces spécificités comme la certification, la reconnaissance de l’identité numérique ou encore l’archivage des blockchains. Ces dernières pourraient améliorer considérablement l’efficacité des services publics.

De nombreuses interrogations règlementaires persistent

Juridiquement, la blockchain est considérée comme un sujet sensible car seul l’algorithme fixe son fonctionnement. Le système peut exiger ses propres règles alors que les transactions devraient correspondre aux exigences règlementaires.

En effet, il est difficile d’envisager un contrat qui se résume à une traduction binaire dans lequel le rôle du juge semble indispensable.

Autre point important : le RGPD a pour finalité de garantir la protection de données à caractère personnel, mais pose des problèmes de compatibilité avec la technologie blockchain.

Bien que cette dernière permette un consentement clair, il n’est pas possible de connaitre le responsable du traitement, de faire valoir son droit à l’effacement ou de respecter les normes de conservation limitée des données.

Aussi, il semble fondamental d’envisager la comptabilité de la blockchain avec un environnement règlementé permettant un système de contrôle de la localisation des serveurs, de l’algorithme, des mineurs ou encore de l’identité des parties effectuant les diverses transactions.

Deux missions d’information liées à la technologie blockchain ont d’ailleurs été lancées par l’Assemblée Nationale afin de sensibiliser un nombre important de parlementaires et d’aboutir à des recommandations.

Vers une démocratisation de la blockchain pour les services publics ?

En dépit des limites perçues, la blockchain présente de nombreux cas de mise en application au sein des services publics. Elle pourrait être utilisée pour favoriser la participation citoyenne via l’organisation de consultations locales dématérialisées et sécurisées ou encore pour délivrer plus rapidement des titres administratifs, comme la carte grise par exemple.

C’est pourquoi la compréhension des problématiques et des possibilités de mise en œuvre est un enjeu fondamental pour les organisations et notamment au sein des services publics.

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mc2i Groupe
Simon Herviaux est consultant au sein de mc2i Groupe
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