L’EDI est mort, vive l’EDI !

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Basé sur un concept âgé de plus de 30 ans, il est parfaitement légitime de se questionner sur la pérennité de l’EDI (Échange de Données Informatisé). Cette solution, permettant à l’entreprise de collaborer efficacement avec ses partenaires, est aujourd’hui « concurrencée » par des technologies émergentes, telles que les plateformes collaboratives ou les API.

Basé sur un concept âgé de plus de 30 ans, il est parfaitement légitime de se questionner sur la pérennité de l’EDI (Échange de Données Informatisé). Cette solution, permettant à l’entreprise de collaborer efficacement avec ses partenaires, est aujourd’hui « concurrencée » par des technologies émergentes, telles que les plateformes collaboratives ou les API. Elle doit aussi se mesurer à une époque où, en matière d’investissement numérique, les entreprises appréhendent de plus en plus leurs besoins sous un angle métier. Alors, l’EDI est-il voué à disparaître ? Ou va-t-il au contraire se transformer une nouvelle fois, comme il l’a si souvent fait au cours de son histoire ?

Quand les enjeux métiers rythment la cadence

Comme son nom l’indique, l’EDI permet d’échanger des informations d’ordinateur à ordinateur. Née dans les années 90, cette solution n’a cessé depuis de se transformer, au rythme des avancées technologiques : arrivée d’Internet, du métalangage XML, des offres d’externalisation et, plus récemment, du Cloud.

Parallèlement, la transformation digitale offre aujourd’hui de nouvelles opportunités aux entreprises, notamment en matière de Supply Chain. En effet, elles souhaitent améliorer les taux de service, réduire les coûts de gestion des stocks, transformer l’expérience client, gérer l’omnicanal… Dans ce contexte, elles n’expriment plus nécessairement un besoin en matière de solution, mais plutôt en matière de problématique : « Je dois mettre en œuvre une Supply Chain plus collaborative pour offrir de nouveaux services à mes clients ».

En conséquence, les offres évoluent vers le développement de plates-formes collaboratives, orientées processus. Celles-ci ne viennent pas pour autant remplacer l’EDI, puisque pour exister, il leur faut des partenaires connectés et des données digitalisées. Leur intérêt est ailleurs : dans la possibilité qu’elles offrent d’orchestrer les processus métiers d’une entreprise, en y associant son écosystème.

Les objectifs métiers priment toujours sur l’ambition technologique

Pour réellement challenger l’EDI, il faudrait donc plutôt s’attaquer à ses freins et proposer, par exemple, une solution radicalement moins coûteuse, plus facile et rapide à déployer, mais tout aussi robuste, fiable et sécurisée. En outre, si l’EDI est long à déployer, voilà 25 à 30 ans que les entreprises s’y appliquent et le changement technologique ne peut se faire d’un claquement de doigts. En effet, pour tout nouvel entrant désireux d’échanger avec quelques milliers de fournisseurs des commandes, avis d’expédition et factures, le plus rapide est encore d’opter pour des technologies déjà en place chez ses partenaires.

Ainsi, la voie des API appliqués au périmètre actuel de l’EDI peine à se dessiner, les entreprises préférant réutiliser leurs solutions EDI pour leurs échanges BtoB, plutôt que de s’orienter vers

une nouvelle pratique et un nouveau déploiement. Une situation, qui, paradoxalement, freine l’évolution des plates-formes EDI.

Un avenir qui se dessine autour de 4 scénarios

À ce jour, aucune technologie alternative à l’EDI, suffisamment performante et viable, n’a été identifiée. Et s’il est difficile, voire impossible, de prédire le futur de l’EDI, nous avons toutefois identifié 4 scénarios, qui ont de fortes chances de se réaliser simultanément.

Le premier tient à l’hyper-fragmentation des échanges, avec un nombre de solutions dites de d’intégration ou de collaboration multi-entreprises, qui augmente sans pour autant remplacer les plus anciennes (API, IOT Integration Mobile Application Integration, E-Invoicing, …) L’EDI continuerait donc à se déployer lentement sur son périmètre favoris les transactions B2B commerciales, logistiques ou financières. Selon une étude publiée en 2016 par DART CONSULTING le marché de l’EDI devrait croitre de 14 % par an jusqu’en 2020.

Un autre scénario, tout aussi probable est la marginalisation de l’EDI, devenu la partie d’un tout, intégré au sein d’une solution plus globale (Procure to pay Suite, Information Hubs, Global B2B Gateway, Integration Brokerage, Integration PaaS…). On peut ainsi anticiper le développement des plates-formes de collaboration métiers, au sein desquelles l’EDI est de plus en plus souvent intégré.

Enfin, la Blockchain, avec son registre unique capable d’enregistrer des transactions entre utilisateurs, de les rendre infalsifiables et vérifiables, offre un intérêt évident dans le cadre de l’optimisation des échanges électroniques et de la Supply Chain. Cette technologie pourrait également résoudre les problématiques d’interconnexion entre les multiples plates-formes concurrentes. Cependant, les experts se rejoignent pour considérer que cette solution n’est pas encore en capacité de supporter ce type d’application à grande échelle.

Si l’EDI doit désormais composer avec toutes ces évolutions, personne ne peut donc affirmer la voie qu’il privilégiera. Une chose est sure, il faudra encore compter avec lui pendant de longues années.

crédit photo © flydragon / shutterstock.com

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