Retail : les DSI face au défi de la transformation des chaînes d’approvisionnement

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Les analystes de Gartner prévoient que d’ici 2025, plus de la moitié des entreprises de la chaîne d’approvisionnement joueront un rôle de direction technologique relevant directement du directeur de la chaîne d’approvisionnement.

Il fut un temps où les périodes de soldes ou d’achats de fin d’année rimaient avec des commandes record, souvent à la dernière minute mais avec des garanties d’expédition rapides et gratuites. Aujourd’hui, cette époque semble bien lointaine. Depuis la pandémie et le conflit en Europe, les acheteurs s’accommodent d’un approvisionnement insuffisant, de délais plus longs, et de prix plus élevés.

En effet, les distributeurs et fournisseurs nationaux et internationaux doivent aujourd’hui faire face à des coûts de transport plus élevés et des délais plus longs, notamment dus à des voies maritimes encombrées et ralenties. Les conteneurs qui mettaient autrefois un mois pour faire le tour du monde, mettent aujourd’hui plus du double de temps pour arriver dans un port régional.

Pour répondre aux pressions liées à la pandémie et aux réseaux de chaîne d’approvisionnement, les entreprises accélèrent les opérations de transformation numérique et les investissements technologiques en amont.

Les trois clés de l’optimisation de la logistique par les DSI

Toutes les entreprises du secteur de la distribution doivent se concentrer sur l’impact de la chaîne d’approvisionnement pour leurs clients.

Ainsi, la pandémie a amplifié la nécessité pour les entreprises de rechercher les bons outils pour prendre des décisions plus rapides et plus éclairées, et ce pour l’ensemble de leurs infrastructures informatiques.

Il existe trois temps forts pour optimiser la logistique d’une entreprise de distribution à l’abord d’une nouvelle ère.

Tout d’abord, il est important de prendre conscience que les choses ne vont pas s’améliorer d’elles-mêmes. Même si la chaine d’approvisionnement fonctionne et que l’entreprise pense déjà mettre en œuvre les bonnes solutions de prévision de la demande, la DSI doit analyser sa chaîne d’approvisionnement de bout en bout.

Cela signifie qu’il faut apprendre à connaître tous les acteurs, outils et processus intervenant aux différentes étapes de la chaîne d’approvisionnement. Les échanges avec les équipes commerciales et les partenaires sont alors essentiels pour réussir à les aider à évaluer et hiérarchiser leurs chaînes d’approvisionnement et leurs produits. Il s’agit de les accompagner pour mettre en place les solutions qui leur permettront de mieux communiquer et travailler avec leurs clients.

De plus, il est essentiel de faire le point sur les talents et ressources existants et de déterminer les éventuels écarts. Traditionnellement, les DSI supervisent les besoins technologiques et les décisions informatiques de l’entreprise, mais parfois une structure historique en silos peut ralentir la numérisation de la chaîne d’approvisionnement.

Les analystes de Gartner prévoient que d’ici 2025, plus de la moitié des entreprises de la chaîne d’approvisionnement joueront un rôle de direction technologique relevant directement du directeur de la chaîne d’approvisionnement.

Un responsable technologique dédié au sein de l’organisation de la chaîne d’approvisionnement est bien mieux placé pour faire progresser les investissements informatiques et créer une combinaison optimale de solutions de chaîne d’approvisionnement émergentes et matures qui peuvent répondre aux besoins changeants de l’entreprise.

Ensuite, il est indispensable d’évaluer les solutions en place et d’établir une feuille de route technologique. Mais pour comprendre l’objectif à atteindre, il faut commencer par regarder la situation actuelle. Évaluer la robustesse des réseaux, l’intelligence artificielle (IA) et les capacités d’Edge Computing peuvent aider à comprendre exactement quelles sont les difficultés au sein de l’industrie et comment pouvoir répondre rapidement aux clients avant de les perdre par manque de réactivité.

Ces systèmes incluent l’accès et la mise à l’échelle d’une multitude de données non structurées réparties sur l’ensemble du réseau. Ils intègrent également l’automatisation des processus de données grâce à des modèles de risques critiques pilotés par l’IA qui peuvent identifier les vulnérabilités et atténuer les risques structurels en temps réel.

Il faut garder à l’esprit que le stockage et l’échange des données sur plusieurs environnements informatiques (datacenters locaux ou clouds) peuvent rendre les entreprises plus vulnérables aux cyber-risques. Il est essentiel d’évaluer les solutions d’infrastructure et de réseau qui permettent de protéger les données, même lorsqu’elles quittent la plateforme.

Enfin, identifier, investir et capitaliser sur la bonne stratégie numérique, au bon moment. Pour le secteur de la logistique, cette refonte de l’infrastructure, attendue depuis longtemps, a été la source de goulots d’étranglement qui nous ont amenés là où nous sommes aujourd’hui.

Bien que l’évolution des comportements d’achat des consommateurs ait créé une demande imprévisible, nous vivons dans une « nouvelle normalité » faite de pandémies, de catastrophes naturelles et de détérioration des infrastructures. Il est donc nécessaire de classer les besoins par ordre de priorité.

De même que l’entreprise ne peut pas se faire expédier tout ce qu’elle veut aujourd’hui, la DSI ne peut pas non plus mettre en œuvre immédiatement tous les changements informatiques dont elle a besoin. L’augmentation de l’efficacité opérationnelle est une question d’investissement dans les compétences, mais aussi l’apport de technologies avancées.

Par exemple, s’il est vrai qu’un nouveau logiciel d’IA peut rendre les systèmes de gestion de la relation client plus sensibles et plus réactifs à l’évolution de la demande des clients, l’organisation est-elle prête à adopter ce changement et la DSI a-t-elle les bonnes compétences pour le mettre en œuvre ?

Parmi les DSI les plus performantes, nombreuses sont celles qui déclarent que leur plus grand défi est la gestion de l’infrastructure informatique. Souvent, elles ne disposent pas des compétences, de la sécurité ou de la résilience suffisantes pour apporter les changements qu’elles jugent essentiels pour être compétitifs sur un marché avec de fortes contraintes.

Pour que la chaîne d’approvisionnement mondiale se normalise dans une économie post-covid, cela pourra prendre beaucoup plus de temps que ce que la plupart des entreprises ou des consommateurs souhaitent. On parle au minimum de deux ans.

Pour une organisation à la traîne, le moment est venu d’accélérer son parcours de transformation informatique et d’améliorer sa gestion de la logistique et de la chaine d’approvisionnement.


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Stephen Murrow est Associate Partner, Retail & Consumer Packaging Leader chez Kyndryl
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