B. Gordon (Infor) : «Nos solutions SOA pourront échanger et inter-opérer avec d’autres clouds»

Réseaux

 Profitant de la journée des utilisateurs français d’Infor à Paris, Silicon.fr a rencontré Bruce Gordon, son CTO. Une vision claire de l’infusion des nuages en milieu SOA.

Une progression de 7 % de ses ventes de licences et de 5 % de son chiffre d’affaires global en France et plus de 100 nouveaux clients dans l’Hexagone, Infor ne peut que se satisfaire de son année 2009 dans notre pays. D’excellentes nouvelles pour un éditeur de référence, avec ses 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires mondial, ses 70 000 clients et ses 8 000 collaborateurs dans 125 pays. Autant de raisons de comprendre les évolutions et la vision technologique de Bruce Gordon, CTO (Chief Technical Officer ou directeur technique) d’Infor dont les décisions influent fortement sur l’entreprise et le marché.

Infor souhaite faire évoluer tous ses logiciels vers la SOA, accompagnant même financièrement ses clients pour y parvenir. Avez-vous donc un projet de type “Fusionnel” unifiant toutes vos plates-formes applicatives ?

infor_brucegordon.jpg

La conception de ce type de plateforme nécessite la prise en compte du retour sur investissement, pour l’éditeur et donc pour le client. Ce qui pourrait laisser penser qu’une unique réponse serait adaptée. Toutefois, il en va différemment s’il s’agit de marchés de niche. Dans ce cas, il ne s’agit pas de nouveaux types d’utilisateurs à conquérir, mais d’utilisateurs existants à accompagner le plus efficacement possible. La situation s’avère alors plus confortable et peu risquée. En effet, chaque dollar investi apporte assurément de la valeur ajoutée à ces clients connus et pour leurs activités bien identifiées.

Pouvez-vous nous donner un exemple parmi vos nombreux produits ?

Pour nos solutions sous IBM System-i (ex iSeries, ex AS/400), les utilisateurs de notre ERP System21 nécessitaient plus d’automatisation et d’ouverture. Et, le besoin étant identique pour nos logiciels ERP LX (BPCS) et XA (ex Mapics) également sous OS 400, nous avons conçu un moteur Infor SOA unique pour les trois. Ce qui n’impose pas forcément un schéma ou des contraintes pour nos autres solutions sous d’autres environnements.

Ces technologies permettent une plus grande interopérabilité pour les échanges avec les environnements Microsoft, Unix et Linux. Mais on reste bien dans le périmètre identifié de l’OS-A00. D’ailleurs, nos utilisateurs ont été plus loin que nous ne le pensions. En effet, ils utilisent aujourd’hui cette ouverture pour développer des applications sur des “MS Box” [serveurs Microsoft] qui interagissent avec leurs applicatifs métiers sous OS/400.

L’ouverture est indispensable pour supporter non seulement les applications que souhaiteraient développer nos clients, mais aussi pour faciliter les échanges avec les logiciels tiers, dans un système d’information le plus souvent de nature hétérogène.

Aujourd’hui, les architectures applicatives se colorent en SOA, mais évoluent surtout vers le Cloud. Où en est Infor sur ces sujets ?

Nous avons développé notre technologie Open SOA afin qu’elle soit ‘Cloud Ready’. Multitenant (assurant potentiellement la présence d’une version unique du logiciel à tout moment) et très sécurisée, elle a été conçue pour se montrer flexible et «élastique» (pouvant adapter les besoins en ressources selon la charge). Elle possède donc les attributs inhérents à une architecture Cloud.

Toutes nos dernières et futures applications partageront ces technologies pour fonctionner aussi bien en mode logiciel traditionnel qu’en mode Cloud. Et ces deux fonctionnements pourront coexister simultanément en harmonie, et en con servant toutes ces caractéristiques ! Et bien entendu, nos solutions pourront aussi échanger et inter-opérer avec d’autres clouds.

Le BPM est de plus en plus lié à SOA et aux ERP. Les rachats Lombardi par IBM ou de Savvion par Progress sont-ils une bonne nouvelle pour Infor ?

SOA et BPM sont des cousins très complémentaires. C’est pourquoi ils doivent au maximum être intégrés au plus bas niveau. Mais, là encore, l’ouverture reste un impératif. Ainsi, notre ERP Baan intègre une technologie BPM (Dynamic Enterprise Modeler), mais peut coexister sans problème avec d’autres moteurs BPM. Il est essentiel de considérer les processus de l’entreprise comme point central du système d’information. D’ailleurs, la vision d’Infor consiste aussi à combiner BPM, les architectures de gestion d’événements (event driven) et le monitoring d’événements métier afin d’apporter une cohérence globale à toutes ces règles. Nous sommes d’ailleurs en train de développer ce type de technologie combinée à une approche d’inventaire global, sorte de référentiel intelligent associé à la gestion d’événement et à la planification. L’objectif visant à obtenir un ‘cross-business network’ [un réseau applicatif global et communicant pour tous les métiers de l’entreprise, ndlr].

Lombardi est un de nos grands partenaires BPM. Nous pensons que le rachat par IBM, également partenaire Infor, est logique et cohérent. Cela est donc très positif de notre point de vue.

Progress est également l’un de nos partenaires. Et certains de nos logiciels (proposés au Royaume-Uni et aux États-Unis) ont été conçus sur une plate-forme Progress. En outre, leurs solutions sont compatibles OAGiS (Open Applications Group Interoperability Standard), tout comme notre ESB. Nos équipes respectives échangent beaucoup sur l’event-driven programming, et sur l’évolution des architectures. Tout cela va dans le sens de notre stratégie holistique [pour faire simple : explication globale des phénomènes formant un tout unique].


Auteur : José Diz
Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur