Bide pour le DVD jetable?

Régulations

Plus de six mois après son lancement, le DVD à usage unique ne semble pas avoir trouvé son public

Le DVD-D (D pour disposable, jetable en français) devait révolutionner la manière de consommer les films. L’objectif semble aujourd’hui raté. Arrivé en mai 2004 en France chez le distributeur Cdiscount, filiale du groupe Casino, ce support est doté d’un système d’auto-destruction qui s’active huit heures après l’ouverture de la pochette.

Une substance oxydante est placée entre la couche d’aluminium sur laquelle sont inscrites les données et la couche de protection du disque. Ce type de support devait intéresser les loueurs de films car il permettra de mettre en place des systèmes de location sans retour. D’où une économie très importante au niveau des coûts de gestion. Pour le groupe Casino, il s’agissait de séduire ce secteur mais aussi les particuliers. Cdiscount commercialise ainsi des films sur ce support à un prix très attractif: entre 2,49 et 3,49 euros selon les titres. Mais huit mois après leur lancement, un responsable de Cdiscount annonce à notre confrère ZDnet : “Nous sommes en retard de 6 mois sur le planning que nous nous étions fixé … Si le premier mois quelque 30.000 unités ont été vendues, une fois passé l’effet de curiosité, les ventes se sont tassées”. Les ventes seraient ainsi restées en dessous des 10.000 unités écoulées par mois. Deux raisons expliquent ces difficultés. La première est liée à la concurrence directe de services de location vidéo plus proches du consommateur et plus rapides tels que les bornes automatiques, qui se multiplient. La deuxième cause, et non la moindre, est le catalogue minimaliste des films proposés sur support DVD-D: une vingtaine pour le moment! Un chiffre ridicule au regard de la production actuelle. Pour autant, le distributeur refuse de parler d’échec: “Il faut préciser que le DVD-D a séduit les consommateurs qui attendent l’enrichissement d’un catalogue encore restreint à l’heure actuelle”. Des accords avec les distributeurs de films seraient en cours. Par ailleurs, Casino envisage d’étoffer les canaux de distribution du DVD-D avec en partenariat avec Relay H. Une dizaine de ces boutiques devraient proposer ce support. Aux Etats-Unis, le DVD-D, lancé par Disney, est également un échec. Un an après son lancement, le support jetable appellé EZ-D (dont la durée de vie est de deux jours) se vend mal. Interrogé, un des plus gros distributeurs, 7-Eleven, reconnaît les difficultés. Par ailleurs, le DVD attire les critiques des associations écologistes. Car s’il est recyclable, il n’est pas biodégradable.


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