Bilan 2003 : une année en Bourse (2è partie)

Régulations

Si l’année boursière 2003 se termine sur une note optimiste, elle aura été secouée par des mouvements de fonds et épiphénomènes qui auront laissé parfois craindre le pire. Retour sur les principaux évènements économiques

L’année 2003 a démarré avec les difficultés des grands groupes issus de la bulle spéculative, avec, en leitmotiv, la réduction de leur dette. Tout le monde dégraisse, le démantèlement de Vivendi Universal est lancé et les enquêtes se multiplient, France Télécom tarde à se dépêtrer de son ex-partenaire allemand MobilCom.

Janvier: les TMT comme les jeux vidéo souffrent ! Aux Etats-Unis, les perspectives sont en berne. Et le discours guerrier de George W. Bush fait peur aux investisseurs, autant que la crainte des attentats terroristes, car Ben Laden reste introuvable mais fait parler de lui. Pourtant, à la surprise générale, la Bourse avance et reste positive. C’est le règne des rumeurs. Un camion citerne en panne sur le pont de Brooklyn, et Wall Street plonge ! Les valeurs technologiques souffrent plus que d’autres de ce climat délétère. Face aux inquiétudes, certains analystes en viennent à souhaiter la guerre en Irak? Fin février, les démêlés judiciaires d’Altran font plonger les SSII. Deutsche Telekom va mal, France Telecom suit, Vivendi Universal plonge. Mais surtout, la France et l’Allemagne font front commun face à l’Amérique guerrière. Et l’Europe craint les représailles économiques des Etats-Unis. La déprime monte, le spectre de la récession revient? Il faudra attendre début avril, et le retour du soleil, pour que les valeurs technologiques repartent à la hausse. En particulier sur les semiconducteurs. Et l’Amérique déclenche sa guerre. La Bourse en soupire presque de contentement ou soulagement? George W. Bush met fin au suspens et les affaires peuvent reprendre ! D’autant qu’une nouvelle menace se profile à l’horizon: l’épidémie de SRAS, qui va toucher principalement l’économie asiatique. Il faudra attendre la fin mai pour que les valeurs technologiques repartent à la hausse. Il faut dire aussi que la guerre en Irak n’aura pas l’effet escompté, laissant presque indifférents les investisseurs qui vont d’ailleurs commencer à s’intéresser à l’euro. Dans le même temps, plusieurs groupes américains font l’objet d’enquêtes de la SEC. AOL Time Warner et IBM, viennent allonger la liste des comptes ‘douteux’. Rien de bon, d’autant que les grands acteurs avancent en ordre dispersé. Motorola alerte, Nokia rassure, Wavecom s’effondre? Heureusement, certaines valeurs sont là pour rassurer. IBM, Texas Instruments, Apple, Amazon, Yahoo!. Et voici que les valeurs Internet refont surface… Google, toujours numéro 1 des outils de recherche, inquiète. Du coup Yahoo! est pris d’une boulimie d’acquisitions, Inktomi, puis AllTheWeb et Overture. Isolé, Microsoft se lance dans le développement de son propre moteur de recherche. Autre surprise, sur les microprocesseurs, AMD marque des points avec sa technologie à 64 bits. Si les fabricants de consoles de jeux s’affrontent à coups de baisses de prix – victoire pour Nintendo avec sa GameCube à 99 euros – les éditeurs européens tirent leur épingle du… jeu! Et voilà qu’Alstom s’effondre ! Alors que le marché évoque les perspectives de reprise, que les Etats-Unis repartent vers la croissance, l’Europe souffre de l’instabilité de certaines de ses valeurs. Juin: PeopleSoft lance son OPA amicale sur JD Edwards, mais subit les attaques hostiles d’Oracle. La fin de l’année sera celle du lancement d’une nouvelle phase de concentration. L’Amérique s’enfonce dans un nouveau bourbier, irakien, un comble pour un pays où dominent sable et pétrole. Les craintes de hausse du brut finissent heureusement par s’envoler. Certaines entreprises françaises font mine de s’intéresser au marché de la reconstruction de l’Irak. Mais la liste noire ne va pas tarder à être divulguée, et la France y figure: exclue! Pendant ce temps, l’intervention de l’Etat met temporairement Alstom à l’abri de la faillite. De son côté, Intel rassure avec de bons résultats. La fin de l’année sera celle de l’embellie des résultats du troisième trimestre, où le bon l’emportera sur le mauvais. Mais un nouveau spectre se profile à l’horizon. Depuis fin novembre, le dollar s’effondre face à l’euro. Les perspectives de reprise se confirment pourtant, et les investissements repartent. Les seuils psychologiques sont en vue. Le CAC40 franchit la barre des 3.500 points, le Dow Jones celle des 10.000 points et le Nasdaq des technologiques américaines se place juste au dessus des 2.000 points. Il n’y a guère que Saddam Hussein pour ne pas faire recette. La Bourse est optimiste pour 2004?


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