Blackberry renonce à se vendre… et à son Pdg

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Contre toute attente, Blackberry renonce à se vendre au profit d’un financement d’1 milliard de dollars par obligations convertibles. Thorsten Heins est remercié.

Retournement de situation. Alors que de nombreux prétendants au rachat de Blackberry avaient montré leur intérêt, le constructeur canadien vient d’annoncer renoncer à la vente de l’entreprise.

Dans un communiqué, l’entreprise de Waterloo annonce qu’elle ne donne pas suite à l’offre du fonds d’investissement canadien Fairfax Financial Holdings, lequel valorisait le constructeur à 4,7 milliards de dollars. Apparemment la seule offre ferme dont l’échéance arrivait aujourd’hui, lundi 4 novembre.

En revanche, fort de sa participation à hauteur de 10% du capital de Blackberry, Fairfax va aider l’entreprise canadienne à lever 1 milliard de dollars par l’intermédiaire d’un placement privé d’obligations convertibles. Fairfax s’engage pour sa part à acheter pour 250 millions de dollars d’obligations, dont le terme est de 7 ans, à raison de 10 dollars par action contre moins de 8 dollars actuellement en Bourse. Soit plus que les 9 dollars que proposait Fairfax précédemment.

Départ des dirigeants

Ce revirement stratégique entraîne le départ de Thorsten Heins à la tête de l’entreprise. L’actuel Pdg est remplacé par l’ancien dirigeant de Sybase, John S. Chen, qui assurera l’intérim en tant que président exécutif jusqu’à la fin de l’opération. Prem Watsa, Pdg de Fairfax, se voit nommer directeur et président du Comité des Rémunérations, des Nominations et de la Gouvernance (Lead Director and Chair of the Compensation, Nomination and Governance Committee). Thorsten Heins quittera également son siège du conseil d’administration tout comme David Kerr, directeur de Blackberry depuis juillet 2007.

Si cette annonce sauve Blackberry pour un temps, elle ne répond en rien à la stratégie à opérer pour permettre au Canadien de retrouver pied sur le marché des smartphones. Selon Strategy Analytics, BlackBerry a vendu à peine 2,5 millions de téléphones au troisième trimestre. Trois fois moins qu’un an plus tôt (lire 81% des smarthones vendus fonctionnent sous Android).

L’opération s’apparente donc comme une nouvelle fuite en avant de la dernière chance, en espérant gagner du temps pour séduire un nouveau candidat au rachat. Une stratégie mal accueillie par la Bourse. Après l’annonce, le titre de Blackberry perdait près de 12%.


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