{ SILICON – 20 ANS } – BlackBerry : le smartphone avant l’heure

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Quelles sont les technologies disruptives qui ont marqué la période 2000-2020 ? À l’occasion de son 20e anniversaire, Silicon effectue un petit retour vers le passé. Aujourd’hui : le Blackberry.

Les BlackBerry mènent aujourd’hui une existence discrète dans l’ombre de l’iPhone… et d’Android, qu’ils ont d’ailleurs adopté. Mais il fut un temps où ces téléphones, qui font partie de la mémoire collective, se vendaient chaque année par dizaines de millions.

Il y a vingt ans, avant l’iPhone et Android, le terme smartphone était encore loin d’être répandu. Les BlackBerry de RIM (Research In Motion), eux, apparaissaient sur le marché. Le premier d’entre eux, lancé en 1999, doit son nom à la ressemblance des touches de son clavier avec les petits grains – les drupéoles – d’une mûre. Il ne permettait pas de passer des appels, car il s’agissait simplement d’un pager. Particularité : une fonctionnalité de push mail, grâce au middleware BlackBerry Enterprise Server (BES), interfacé avec Microsoft Exchange.

Son successeur, sorti l’année suivante, n’avait pas non plus de fonctionnalité téléphone. Mais il introduisit le format « vertical » et le clavier emblématique de la gamme. La fonction appel arriva en 2002, avec le BlackBerry 5810, également doté d’un navigateur Internet.

 

La sécurité, un avantage éphémère

Avec les années, le serveur BES fut étendu à des messageries comme Lotus Domino et Novell GroupWise. Il favorisa, par ailleurs, l’accès aux intranets en mobilité. Avec une garantie forte en matière de sécurité : le chiffrement du trafic, comme des e-mails. Au-delà de l’e-mail, il y eut, à partir de 2005, la messagerie instantanée BlackBerry Messenger, alias BBM.

Exploitant, à l’origine, le PIN des téléphones (remplacé plus tard par le BlackBerry ID), elle apporta une solution – là aussi chiffrée – de transfert de fichiers, avec des groupes, des listes et des agendas partagés. La « caution sécurité » favorisa l’essor des BlackBerry, à l’heure où l’IT venait aux salariés – et non l’inverse – pour les projets de mobilité.

 

 

 

 

 

 

L’irruption de l’iPhone, en 2007, ne rebattit pas les cartes immédiatement. La part de marché des BlackBerry continua de progresser. Elle atteignit environ 20 % en 2008 et se maintint à ce niveau jusqu’en 2010. Mais les outils de gestion qui manquaient aux téléphones d’Apple finirent par arriver. L’expérience utilisateur fit le reste face à la plateforme vieillissante sur laquelle reposaient les BlackBerry.

L’acquisition de QNX, en 2010, posa les jalons d’une nécessaire modernisation. Les travaux prirent néanmoins du retard. Et leur premier fruit – la tablette PlayBook – ne rencontra pas le succès.

En parallèle, d’autres concurrents montèrent en puissance : Android et, dans une moindre mesure, Windows Phone. Avec, en toile de fond, une tendance lourde : le BYOD ( « bring your own device » ) qui s’imposa au fur et à mesure que les smartphones devinrent accessibles. RIM – rebaptisé BlackBerry en 2013 – n’eut d’autre choix que d’ouvrir son portefeuille logiciel à ces OS concurrents. Puis de mettre en place une couche de compatibilité avec Android… avant de l’intégrer sur ses téléphones.

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