Bourse: Apple plus fort que Microsoft?

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Le temps d’une journée, la valorisation boursière d’Apple a dépassé celle de Microsoft. La victoire de l’innovation sur la capitalisation monopolistique?

Steve Ballmer n’a pas dû en dormir. Mercredi 26 mai, Apple a ravi la place de la société la plus valorisée à Wall Street devant Microsoft (mais derrière ExxonMobil). Le score est serré mais incontestable: 222 milliards de dollars pour Cupertino contre 219 milliards pour Redmond. Une victoire de courte durée puisque Microsoft a repris l’avantage à l’ouverture le lendemain. Mais l’événement a symboliquement marqué les esprits (d’autant qu’il pourrait se répéter).

Qui aurait dit en effet qu’il y a dix ans, Microsoft valorisé 400 milliards de dollars serait en quelques années rattrapé par un petit (toute proportion gardée) constructeur informatique estimé à 15 milliards? Mais c’était sans compter sur le phénoménal succès de l’iPod (lancé en 2001) qui se démultiplie aujourd’hui avec l’iPad après s’être confirmé autour de l’iPhone. Autant de terminaux mobiles (et d’ordinateurs remarqués), notamment communicants, sur lesquels Microsoft n’a cessé de patiner ces dernières années allant jusqu’à voir sa plate-forme Windows mobile tomber à moins de 7% de part de marché.

La faute à un OS mobile trop proche de sa version desktop et mal taillé pour les téléphones qui a perdu du terrain face aux BlackBerry, iPhone et Android qui ont su proposer des offres adaptées aux besoins des usages mobiles. Le lancement en octobre prochain de Windows Phone 7 est à ce titre des plus stratégiques.

Autre secteur stratégique, celui du grand public (musique Zune, jeux Xbox, téléphone KIN…) sur lequel Microsoft peine à s’imposer. Un secteur que Steve Ballmer a décidé de reprendre en main en remerciant Robbie Bach, alors dirigeant de l’activité « consumer ».

Si Microsoft a vu sa valeur boursière divisée par deux en 10 ans, il n’en reste pas moins que la firme cofondée par Bill Gates en 1975 reste une entreprise aux bases solides avec un système d’exploitation, Windows, qui équipe plus de 90% des ordinateurs dans le monde et des logiciels professionnels utilisés par des millions (milliards?) d’employés dans le monde, à commencer par Office. Deux logiciels qui assurent l’essentiel des revenus de Microsoft. Et, à travers la succession (en 2008) réussie par la passation de pouvoirs entre Bill Gates et Steve Ballmer (nommé directeur en 2000 après 20 ans de carrière), Microsoft a montré que son avenir ne dépendait pas d’un seul homme aussi charismatique soit-il.

Ce qui reste à prouver du côté d’Apple. Que deviendrait Apple si son visionnaire capitaine, Steve Jobs, venait à disparaître? La question reste d’autant plus posée que c’est bien lui que les actionnaires ont rappelé à la barre, très en difficulté, en 1997 après l’en avoir chassé en 1985. Apple n’a donc jamais vraiment réussi à se passer de son emblématique fondateur… à l’exception de quelques congés maladie, en 2004 et 2009.


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