Bourse : séance historique à Paris

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Le plan du Trésor américain visant à sauver les banques de la faillite a rassuré les marchés. Le CAC 40 flambe de plus de 9%, une première

On n’avait jamais vu ça. Après une semaine rouge sang, les bourses mondiales se sont offertes un spectaculaire rebond ce vendredi après l’annonce du plan de sauvetage des banques américaines élaboré par l’administration Bush.

A Paris, la hausse a été tout simplement historique puisque le CAC 40 s’est adjugé 9,27% (à 4.324,87 points), du jamais vu depuis la création de l’indice en 1982. Alors que jeudi soir, l’indice perdait encore près de 10%, finalement, le CAC finit la semaine sur un insignifiant -0,18%. Sur l’année, les pertes sont tout de même de presque 23%…

Comme ses homologues européennes, la bourse de Paris a été portée par le plan Paulson (patron du Trésor américain) visant à soulager les banques trop exposées aux subprimes et au bord de la faillite.

Concrètement, une agence dédiée va être créée pour récupérer les actifs à risque des banques (appelés également actifs pourris…) accumulés pendant la dernière bulle immobilière, et les vendre petit à petit. “De sorte que le crédit puisse couler de nouveau en direction des consommateurs et des entreprises américaines”, selon le secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson.

Selon la presse américaine, le dispositif rappellerait celui imaginé pendant les années 1980 après l’effondrement de centaines de caisses d’épargne. Son coût serait évalué à 1.000 milliards de dollars !

Parmi les autres initiatives, la SEC américaine (Securities and Exchange Commission, ou gendarme de la Bourse américaine), le Financial Services Authority britannique et l’Irish Stock Exchange ont temporairement interdit les ventes à découvert sur les valeurs financières.

A Paris, la quasi-totalité des valeurs terminent dans le vert, notamment les financières qui ont récupéré une partie du terrain perdu depuis plusieurs semaines.

Dexia gagne 22,50% à 10,50 euros, BNP Paribas 17,50% à 68 euros, Crédit Agricole 26,31% à 14,400, Société Générale 19,94% à 67 et Axa 21,27% à 24,650 euros. En dehors de l’indice, Natixis, dont l’augmentation de capital s’est achevée hier, bondit de 25,30% à 3,07 euros.

Porté par les toujours bons résultats d’Oracle, Capgemini s’adjuge 10,18% à 35,200 euros, Alcatel-Lucent 0,83% à 3,002 euros et STMicroelectronics 2,77% à 8,530 euros.

Ailleurs en Europe, même euphorie, Londres a gagné 8,84%, la Bourse de Francfort a pris 5,56% à 6.189,53 points, Madrid (+8,71%), Milan (+8,62%), Lisbonne (+8,03%), Bruxelles (+9,66%) et Vienne (11,5%).

Après un spectaculaire rebond jeudi en fin de séance (grâce aux rumeurs concernant le fameux plan Paulson), Wall Street est restée sur la même tendance vendredi : le Dow Jones a pris 3,35% à 11.388,44 points, limitant ses pertes sur la semaine à 0,29%. Le Nasdaq prend 3,40%,l’indice élargi Standard & Poor’s 500 a quant à lui progressé de 4,03%, à 1.255,08 points.

Après le traumatisme du début de semaine : faillite de Lehman Brothers, sauvetage d’AIG, Wall Street relève la tête. Mais pour beaucoup, rien est encore vraiment réglé.

“Ils ont en quelque sorte truqué le marché avec l’interdiction de la vente à découvert, qui n’a laissé d’autres choix aux vendeurs que de couvrir leurs positions”en rachetant les titres, a estimé Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management, cité par l’AFP.

“Les marchés se voient offerts une pause de deux semaines, afin de calmer le jeu. Mais après le 2 octobre, si on en revient aux anciennes règles et qu’il n’y a pas de changement fondamental de l’environnement, je ne sais pas si on ne reprendra pas les choses où on les avait laissées mi-septembre”, a-t-il ajouté.

Outre le flambée des valeurs financières, Oracle a progressé de 11,40%, après avoir publié un bénéfice trimestriel supérieur aux prévisions du marché.

Texas Instruments est monté de 3,74% après avoir annoncé son intention d’augmenter son dividende trimestriel de 10%.

Sur le front du pétrole, le baril de brut de qualité WTI prend 1,31 dollar à 99,19 dollars, soutenu par les craintes liées au recul des stocks aux Etats-Unis et à la reprise des violences au Nigeria. Le dollar s’affaiblit à nouveau à 1,4412 pour 1 euro.


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