Bouygues Telecom injecte Android dans sa Box Miami

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Lancement d’une offre fibre véritablement FTTH d’un côté, annonce d’une prochaine box motorisée par Android… Bouygues Telecom veut créer une rupture sur le marché du fixe.

Bouygues Telecom a profité de la conférence Google I/O pour annoncer l’arrivée prochaine de sa box Android. Doté de l’OS mobile de Google, le boîtier au nom de code Miami se chargera de décoder et restituer sur le téléviseur les flux captés par le modem (qui s’inscrira dans un module à part rompant ainsi avec la configuration de l’offre actuelle réunit dans un seul élément) mais aussi par les appareils environnants via le médiacenter ou la clé USB Chromecast (qui permet de diffuser les contenus du smartphone sur le téléviseur).

Utiliser l’OTT pour élargir les foyers éligibles

Surtout, à l’offre IPTV/TNT et VOD, Miami apporte les contenus web des OTT, les services du Net type YouTube dont les contenus encombrent les réseaux et que les opérateurs peinent à monétiser. Avant de savoir si Bouygues Telecom pourra tirer de la valeur de l’offre OTT, elle permettra à l’opérateur d’élargir le nombre de clients éligibles à son offre. Car, en s’appuyant sur la technologie adaptive streaming (qui adapte la qualité du contenu en fonction de la largeur de la bande passante disponible), le service fonctionnera avec 1 à 2 Mbit/s de bande passante. Contre 4 Mbit/s environ pour l’IPTV. « Cela nous permettra de toucher jusqu’à 3 millions de clients supplémentaires non éligible à notre offre TV aujourd’hui », indique Olivier Roussat (photo), PDG de Bouygues Telecom.

Enfin, en parallèle des fonctions TV (navigation, guide des programmes, recherche de contenus, etc.), Miami embarquera tout l’univers Android et son Google Play de la même manière qu’une tablette ou smartphone avec la même possibilité d’installation d’applications à la différence qu’elles sont filtrées en fonction de leurs pertinences à être exploitées sur un écran de télévision. En bref, un système ouvert et fini qui reconnaît par défaut les périphériques les plus courants comme les claviers (pour naviguer sur Internet depuis Chrome) ou disques durs (pour enregistrer les contenus). A l’image d’une tablette, la box ne proposera en effet que 16 Go de stockage flash (ce qui lui permet au passage d’échapper en grande partie à la taxe copie privée), pour 2 Go de RAM et un processeur quadricoeur (Marvell qui équipe déjà certaines Android TV). Une configuration taillée pour le jeu, notamment.

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« La plus petite box premium du marché », selon Olivier Roussat PDG de Bouygues Telecom.

Créer une rupture

Avec cette box, disponible en octobre à un prix encore confidentiel mais qui devrait se situer sous les 30 euros mensuels, Bouygues Telecom veut « créer une rupture sur le marché », lance Olivier Roussat. En tirant parti d’un système ouvert, supporté par des millions de développeurs, le dirigeant revendique « un prix de revient très bas tout en offrant le meilleur produit du marché ». Bouygues aura ainsi moins besoin de développeurs en internes pour alimenter sa nouvelle box. Nombre d’entre eux partiront donc probablement dans le nouveau plan de licenciements annoncé début juin.

Cette rupture, Olivier Roussat entend également l’appliquer à l’échelle du marché du fixe. L’opérateur n’a pas caché son intention d’accélérer son développement sur ce secteur en croissance contrairement au mobile et où il ne compte aujourd’hui « que » 2,1 millions de clients. Une stratégie qui se traduit par des offres compétitives (notamment une box triple play à moins de 20 euros lancée en mars) et une relance des investissements dans les infrastructures avec le dégroupage programmé de 1500 nouveaux NRA (noeud de raccordement abonnés) qui portera à 18 millions le nombre de foyers potentiellement éligibles à l’offre ADSL de l’opérateur.

Ouverture de l’offre fibre

C’est aussi le sens de l’offre fibre FTTH (fibre à domicile) à 400 Mbit/s que lancera Bouygues Telecom le 30 juin prochain pour moins de 26 euros. Une offre commercialisable auprès de 1,1 million de foyers, essentiellement sur Paris, sa banlieue, et quelques grandes villes (Marseille, Lyon, Nice, Bordeaux, Toulouse), sur les 3,3 millions de prises optiques déployables. Un réseau en cours de déploiement depuis 2009 dans les zones denses (qui concernent environ 5 millions de foyers) dans le cadre de l’accord de cofinancement signé avec SFR. Bouygues Telecom s’attaquera ensuite à une partie des 11 millions de foyers des zones moyennement denses à travers l’accord signé avec Orange qui couvrira 75% de ces zones à termes. « Aucun accord n’a pour l’instant été signé avec SFR (chargé des 25% restant, ndlr) », précise Olivier Roussat. Une signature qui dépendra éventuellement des conséquences de la fusion SFR-Numericable en cours.

Il restera à savoir si, face à ses offres compétitives et les nouveaux développements et déploiements, l’initiative de Bouygues Telecom se traduira en résultats positifs financièrement parlant. Olivier Roussat assure « faire toujours de la marge et je pense que l’on peut faire un prix raisonnable pour commercialiser les nouvelles offres ». Le dirigeant entend jouer sur les prix de revient (notamment en déployant ses propres équipes pour installer la fibre jusqu’à l’intérieur des logements) et la restructuration de l’entreprise pour définir un nouveau barème référent sur le marché. A savoir une offre ADSL à 20 euros et FTTH à 26 euros. « Nous allons agiter le marché », assure-t-il.

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