BouyguesTel estime que les prix du mobile sont encore trop élevés

Régulations

L’opérateur rejoint l’UFC et demande une nouvelle baisse des prix de gros. En vain

Associations de consommateurs et opérateurs mobiles ne sont habituellement pas sur la même longueur d’onde. Mais cette opposition n’empêche pas la mise en place d’unions opportunistes…

Selon les Echos, Bouygues Telecom soutient en effet les actions de l’UFC Que Choisir qui visent à faire baisser le prix des appels mobiles. En novembre, l’association a déposé une plainte et un mémoire au Conseil d’Etat expliquant qu’il fallait à nouveau faire baisser les tarifs de gros et ne pas se contenter de la dernière décision de l’Arcep, le régulateur des télécoms. Selon le quotidien économique, BouyguesTel a fait de même en déposant lui aussi un document auprès du Conseil d’Etat.

Pour autant, Bouygues Telecom ne s’est pas joint à la plainte de l’UFC et ne demande pas l’annulation de la décision de l’Arcep, de peur de perdre le différentiel de prix dont il bénéficie aujourd’hui, souligne le quotidien.

D’ailleurs, ce lundi, le Conseil d’Etat a rejeté la plainte de l’UFC.

Rappelons qu’au 1er janvier 2008, les terminaisons d’appel – versées par un opérateur à un autre pour l’utilisation de son réseau – sont passées de 7,5 centimes à 6,5 centimes la minute pour les appels passés vers les réseaux d’Orange et de SFR et de 9,24 centimes à 8,5 centimes vers Bouygues Telecom.

Les précédentes baisses des terminaisons d’appels entre opérateurs (les prix ont été divisés par 3 entre 2002 et 2007) ont permis aux prix des appels de baisser de 50%.

Ces tarifs resteront valables pendant 18 mois “dans l’attente d’une harmonisation nécessaire des pratiques des régulateurs européens”, précise l’Arcep, notant un écart compris entre deux et 18 centimes d’euros la minute pour les terminaisons d’appels dans les différents pays européens. C’est ce délai de 18 mois que l’UFC et BouyguesTel contestent.

D’ailleurs, début janvier, l’UFC dévoilait ses intentions. “Les opérateurs mobiles perçoivent un droit de passage qui dépasse encore largement le seul coût et abusent ainsi de leur position de monopole sur leur propre réseau”. Julien Dourgnon, directeur des études de l’association, a estimé que le montant des terminaisons d’appels mobiles, “en France comme en Europe est une aberration”.

L’association plaide pour une terminaison d’appel mobile au même prix que pour le fixe, c’est-à-dire de l’ordre d’un centime.

Un avis qui est partagé par l’Arcep. L’Autorité s’est en effet prononcée pour une harmonisation des coûts. “Il n’y a aujourd’hui plus de raison objective pour que les niveaux de terminaison d’appel mobiles soient déterminés de façon significativement différente de ceux des terminaisons d’appels fixes. Il est même nécessaire, dans un contexte de convergence et de concurrence directe croissante entre opérateurs du fixe et du mobile, que ce déséquilibre concurrentiel disparaisse rapidement “, explique Paul Champsaur, président de l’Arcep.

Mais cette position est rejetée par les opérateurs (en fait SFR et Orange) qui estiment que les réseaux fixes et mobiles n’engendrent pas les mêmes coûts.


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