BouyguesTel lance sa 3G+. En toute discrétion…

Régulations

L’offre est pour le moment réservée aux professionnels équipés d’une carte
PCMCIA

Sans tambours ni trompettes, Bouygues Telecom a lancé son service à haut débit mobile 3G+ ou HSDPA. Il correspond aux engagements pris par l’opérateur devant l’Arcep, le régulateur des télécoms. Détenteur de la 3e licence 3G, le groupe avait jusqu’à la fin du mois d’avril pour ouvrir son réseau.

On se souvient que le 3è opérateur des mobiles en France avait demandé, et obtenu de l’Arcep en janvier 2005, une dérogation lui permettant de reporter la date de lancement contractuellement définie au 30 avril 2007. Cela dit, il y avait une contrepartie à ce délai. A cette date, Bouygues Telecom sera tenu d’assurer une couverture du territoire satisfaisant au moins 20% de la population. Par rapport au calendrier initial du lancement officiel prévu par l’autorité de régulation, cela représentera deux ans de retard.

Ce lancement illustre tout de même un virage à 180 degrés. Depuis toujours, Bouygues Telecom répétait à l’envi que l’UMTS n’était pas une fin en soi, préférant se concentrer sur Edge (2,5G) lancé il y a plusieurs années.

D’ailleurs, le groupe a ‘zappé’ la 3G pour se focaliser immédiatement sur la 3G+ ou HSDPA. Rappelons que le HSDPA (High Speed Downlink Packet Access) est une version améliorée de la 3G qui permet d’atteindre un débit max de 3,6 Mb/s contre 380 kb/s pour la 3G de base.

L’opérateur propose dans un premier temps une carte PCMCIA/HSDPA à brancher sur son PC portable. L’offre adresse donc la cible professionnelle. Mais BouyguesTel souligne qu’il n’en fera pas une promotion acharnée…

On ne connaît pas les détails commerciaux du service. Rappelons que la carte Edge de BouyguesTelecom est proposée à 69 euros au sein d’un forfait spécifique à moins de 30 euros par mois.

En terme de couverture, BouyguesTel indique qu’il s’agit d’une ouverture réduite de son réseau mais ne donne pas plus de précisions. Mais il indique qu’il respecte bien ses engagements auprès de l’Arcep, soit 20% du territoire.

Pour autant, Bouygues Telecom est très en retard face à ses concurrents même s’il refuse de faire de la 3G+ une priorité. SFR, le premier à se lancer, revendique 3 millions d’abonnés 3G et 3G+ avec une couverture de 65%. Son offre est à la fois professionnelle (carte PCMCIA) et grand public (quelques combinés compatibles).

De son côté, France Télécom compte 4,3 millions d’abonnés haut débit mobile (Edge et 3G). Lancée en septembre 2006, son offre HSDPA est disponible dans plusieurs villes dont Paris. Ici aussi, l’offre s’articule autour d’une carte PC pour les pros.

Le débit proposé est de 1,8Mb/s contre 3,6Mb/s chez SFR.

Le Forum UMTS table sur pas moins d’un milliard d’utilisateurs HSDPA à l’horizon 2012. À cette date, le trafic HSDPA par utilisateur sera neuf fois supérieur à celui des autres abonnés. A moins que l’UMTS ne soit concurrencé par le WiMax mobile qui pointe le bout se don nez en Europe.


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