BTP : la dématérialisation des appels d’offre commence à se développer

Régulations

Avec le site Marchésonline, le groupe Moniteur entend donner plus de place au Web mais le papier est loin d’être mort

250.000 marchés publics par an, qui donnent lieu à au moins 400.000 publications d’appels d’offre dans la presse spécialisée, soit un marché de 100 millions d’euros par an…, voila comment fonctionne le BTP en France. Les entreprises doivent consulter ces appels d’offres dans les différents supports agréés pour connaître les marchés publics tandis que les maîtres d’oeuvre de ces marchés ont l’obligation de se faire connaître.

Pour les entreprises du secteur du bâtiment, l’exercice est difficile et prend surtout beaucoup de temps. D’où l’idée de dématérialiser au moins une partie de ces appels grâce au Web. Le service (marchesonline.com) a été lancé par le groupe Moniteur qui est notamment en charge de la publication dans ses titres de ces appels d’offre.

Le principe est simple: le site un “concentrateur d’appels d’offre”, nous explique Frédéric Crand, en charge du département Marché du groupe Moniteur.“Sa vocation est de permettre à notre audience de trouver plus facilement les marchés et de proposer aux donneurs d’ordre la possibilité de publier plus facilement leurs appels d’offre dans la presse grâce à un service de transmission des appels en ligne”.

En effet, légalement, les marchés publics d’un montant supérieur à 90.000 euros doivent être publiés dans des titres papiers spécifiques comme le Bulletin Officiel des Marchés Publics. “Nous proposons aux donneurs d’ordre un service de transmission en ligne des avis à publier dans la presse, cette dématérialisation permet un gain de temps considérable et des économies”, explique Frédéric Crand.

Mais pour les marchés inférieurs à 90.000 euros, il est possible de publier les appels d’offre sur le Web. “C’est le deuxième volet de notre site, il permet aux entreprises du BTP, et surtout aux PME, de consulter simplement et rapidement ces appels d’offre. Là encore, c’est un gain de temps très important”. D’ailleurs, les entreprises ne s’y sont pas trompés puisque 120.000 sociétés se sont inscrites sur le site. Il faut dire que ce type de marchés est en plein essor avec plus de 50.000 avis publiés sur le Web.

Vu le volume et la complexité des offres, on imagine que l’infrastructure derrière ce site est plutôt solide. Au départ, le Moniteur a logiquement externalisé, notamment chez Atos. Mais dès 2005, le groupe a réinternalisé quasiment tout le back office.“L’ensemble de nos métiers tendent désormais vers l’électronique. Donc on voulait reprendre en main l’ensemble de nos projets afin de mettre sur pied un ensemble homogène. Néanmoins, nous avons conservé quelques prestataires externes, notamment au niveau de la maintenance. Le site est hébergé chez Telecom Italia, c’est un choix historique mais qui est régulièrement challengé”, prévient Frédéric Crand.

Quel est le modèle économique de Marchésonline ?“Evidémment, le service est gratuit pour les consultations des appels mais face à la profusion des offres, nous proposons un service d’accompagnement et d’aide à la recherche, ainsi qu’un outil de veille et d’alerte. 7.000 entreprises sont clientes de ce système payant. Par ailleurs, le service de transmission en ligne des appels d’offre est également payant”, précise le responsable.

Pour autant, Internet n’est pas encore entré dans tous les esprits des entreprises du BTP. “Les TPE notamment n’ont pas cette logique de l’électronique, le papier est encore très utilisé. Mais les choses vont changer. En 2010, le maître d’oeuvre pourra imposer la dématérialisation grâce à une directive européenne”. Une opportunité de plus pour le développement de marchesonline…


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