Bull ré-investit le ‘calcul’ avec Tera 10, installé au CEA

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Absent voici quelques années sur le marché des supercalculateurs, Bull fait son entrée en fanfare avec Tera 10 au CEA

Jean-Louis Lahaie, directeur du projet Tera 10 chez Bull, évoque la démarche technologique et les ambitions du fabricant sur le calcul, un marché sur lequel il était absent.

L’Europe est en retard sur les Etats-Unis ou le Japon en matière de supercalculateur. Un retard imputable moins à la localisation des constructeurs qu’à un déficit d’équipement. En contre-partie, le marché des supercalculateurs représente une opportunité que Bull, unique fabricant européen de serveurs, ne veut pas manquer de saisir. Le marché est bien présent, avec la recherche et les universités, mais aussi avec l’industrie. Encore faut-il passer en quelques années d’un modèle absent à un modèle qui a fait ses preuves… Sur la technologie, Bull a pioché dans sa gamme NovaScale et a étendu son partenariat avec Intel sur l’Itanium 2, seul processeur non propriétaire capable de rivaliser et aujourd’hui de dépasser les acteurs propriétaires du marché tout en proposant une approche plus économique. Le choix de l’Itanium 2 est technologique, mais aussi pragmatique. Le processeur d’Intel est le plus performant pour le calcul en virgule flottante. Le choix du Xeon pourrait être judicieux dans une approche économique, mais moins de puissance impliquerait plus d’équipement. L’Itanium 2 affiche un avantage de gain de puissance et de place. Il n’est donc pas certain qu’une supercalculateur Xeon soit plus économique. En calcul, le Xeon reste cependant plus faible pour des besoins qui réclament de la précision. Quant à l’Opteron d’AMD, il semblerait qu’il afficherait des résultats à la précision parfois aléatoire, Bull a donc écarté cette éventualité ! Pour les environnements, Bull a choisi de jouer la carte de l’open source et de Linux. D’abord parce que développer des solutions environnementales et applicatives maison aurait pris trop de temps et de ressources. Ensuite parce que le ‘libre’ est aujourd’hui reconnu et qu’il apporte sa pierre à l’édifice d’une économie où domine la réduction drastique des coûts. Et puis, l’open source est un choix adapté aux démarches des chercheurs et des universitaires, qui développent leurs applicatifs. En revanche, pour l’industrie, la problématique est différente, puisque les solutions professionnelles reconnues existent, et que l’offre de Bull doit évoluer alors vers une recherche de la certification sur ces produits. Et que penser de la version HPC de Windows ? Jean-Louis Lahaie rappelle qu’elle est attendue depuis… longtemps, mais qu’on n’en voit toujours pas le bout. Et surtout que Microsoft n’a pas toujours bonne presse dans le monde du calcul !


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