C. Albanel: le livre numérique se développera si les prix sont plus bas qu'en version papier

Régulations

TVA réduite, prix de vente unique… Dans son rapport remis à François Fillon, Christine Albanel préconise l’essor du livre numérique tout en préservant le modèle français.

Chaque trimestre un peu plus, le gouvernement s’avance vers l’édition numérique. Après le rapport de Marc Tessier (ancien président de France Télévision) sur la numérisation publique et la politique des bibliothèques en janvier 2010, voici celui de l’ancienne ministre de la Culture Christine Albanel.

Le rapport baptisé Pour un livre numérique créateur de valeurs, la toute récente directrice de la communication interne et externe de France Télécom cherche à « favoriser le marché du livre numérique tout en préservant notre modèle français ». A favoriser un passage à l’édition numérique sans douleur, autrement dit.

Sans douleur, surtout pour les petits éditeurs et pour les libraires que l’ancienne ministre ne veut pas laisser « au bord du chemin de la numérisation ». C’est bien l’enjeu de ce rapport. Solution envisagée par Christine Albanel, « faire en sorte que les éditeurs soient assurés de pouvoir fixer le prix qu’ils souhaitent pour le livre numérique […] en prolongeant la ‘loi Lang’ du 10 août 1981 », celle qui a instauré le système du prix unique du livre « papier

».

Taux réduit de la TVA sur le livre numérique

Passé les obligations « morales » s’imposent celles d’ordre économique. Le positionnement de Christine Albanel est sans appel. Elle emboite le pas des libraires et des éditeurs en optant pour un taux réduit de la TVA sur le livre numérique. Ce marché « exige des investissements importants de la part de l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre » et «ne pourra se développer que si les prix proposés sont nettement plus bas que ceux des livres papier, conformément aux attentes des clients potentiels ».

Réduction de la TVA d’une part et soutien économique « via des aides directes ou des prêts à taux zéro » de l’autre pour la « création prochaine d’un portail commun de la librairie indépendant e ». Christine Albanel recommande ainsi que « les aides du Centre national du Livre (CNL) [soient] désormais dirigées prioritairement vers la profession ».

Elle s’avance aussi en faveur d’un « groupement d’intérêt économique (GIE) du livre français » rassemblant partenaires publics et privés. Une sorte de « nouveau Gallica » (ndlr : la plate-forme numérique de la Bibliothèque nationale de France) dont l’objectif principal serait de «continuer à numériser notre très vaste patrimoine ». « Le lecteur allant sur le nouveau Gallica pourrait, soit consulter et télécharger gratuitement un ouvrage hors droit, soit se voir orienté, pour un ouvrage commercialisé, vers une plate-forme privée… »

Enfin, le rapport incite à la création d’une plate-forme interprofessionnelle unique de distribution de livres numériques afin de faciliter l’exploitation des livres mais aussi afin de protéger ces œuvres contre le piratage. Un piratage encore bien anodin comparé à d’autres secteurs puisqu’il concerne « moins de 1% des titres disponibles en format papier ».


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