CeBIT : Systancia, un challenger français dans la virtualisation

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Parmi les firmes atypiques visibles au Salon CeBIT, certaines sont très spécialisées, comme Systancia expert en postes de travail légers, virtualisés

Hanovre.- A l’heure où l’on parle de financer, avec le grand emprunt, certains ‘datacenters’ banalisés, il serait préférable de regarder les vraies innovations dans le monde de la virtualisation. Surtout lorsqu’elles sont françaises. Présente au CeBIT à côté des grands, Systancia est une PME éditrice de produits de publication d’applications en monde virtualisé.

Comment ça marche ? La “proposition de valeur” de Systancia est de permettre de gérer et d’optimiser les relations entre les utilisateurs, les applications et les postes de travail rendus virtuels dans des environnements SBC ou VDI.

-Le SBC ou « Server based computing » consiste à centraliser l’application d’un PC sur un gros serveur Windows situé à distance : la situation la plus courante est celle que présente ‘Terminal server‘ de Microsoft où l’application Windows fonctionne sur un serveur du ‘datacenter’ et où seuls l’affichage, la saisie clavier et les ‘clics souris’ sont déportés sur des postes de travail minimalistes. Il faut par ailleurs gérer ce à quoi chaque utilisateur va avoir accès. Les produits de Microsoft ou de Citrix proposent des solutions, et Systancia propose des compléments à ‘Terminal server’ en protocole RDP 7.

-Le VDI ou « Virtual desktop Infrastructure » va plus loin : c’est l’ensemble du PC qui est « relocalisé » dans le ‘datacenter’ et pas uniquement des applications Windows. Dans cette situation, il y a donc autant de machines virtuelles au sein du ‘datacenter’ qu’il y a de PC de bureau ainsi virtualisés. Ces machines virtuelles sont en général de type Windows mais elles peuvent, dans certains cas, être de type Unix ou Linux (Ubuntu, par exemple) dans les comptes qui en ont fait le choix. Systancia, là encore, propose un outil de gestion qui s’appuie sur les hyperviseurs existants (de VMware, ou Citrix-Xen en particulier). Le support de la virtualisation d’Unix sera disponible d’ici fin 2010 toutefois chez Systancia.

Le produit « AppliDis Fusion 4 » de Systancia sait gérer aussi bien les situations de SBC que de VDI décrites ci-dessus. Il définit quatre catégories d’objets :

– les serveurs présents dans une ‘server farm AppliDis’ ;

– les utilisateurs dans des groupes en liaison avec des annuaires de divers types courants ;

– les applications qui sont ‘publiées’ ou non ;

– les postes de travail qui sont donc réels ou virtuels.

Entre ces quatre catégories, l’application AppliDis crée des ‘contrats de publication’ pour gérer les associations entre, donc, des usagers, des applications et des serveurs.

L’application AppliDis est donc une console centralisée permettant de distribuer des applications et des postes de travail « as a service ». Elle peut donc mériter l’appellation « cloud ». Elle-même est accessible par navigateur.

Des modules complémentaires sont proposés permettant de :

– gérer les impressions (module Universal printing) et éviter ainsi les difficultés dues aux pilotes d’imprimantes ou à la saturation du réseau lors des demandes d’impression ;

– créer des catalogues d’applications (avec MyApps) mis à la disposition des utilisateurs en mode Web 2.0 ;

– supporter les flux qui posent en général des difficultés dans ces environnements, comme les flux vidéo, le streaming, l’animation ‘flash‘, etc.

Systancia dispose d’une base installée de clients aussi bien dans des banques, des hôpitaux, des administrations ou des opérateurs de services ; son chiffre d’affaires devrait plus que doubler en 2010.

PME d’environ 40 personnes basée en France, Systancia consacre 25% de son CA à la recherche et au développement. Sa proximité avec ses utilisateurs lui permet de prendre en compte des demandes spécifiques intéressantes (par exemple le support de matériels Agfa ou Siemens en monde hospitalier). Cela se fait toutefois sans perdre de vue la nécessité de se concentrer sur un produit géré comme tel, avec des versions et une maintenance centralisée en évitant toute divergence des souches de code.

Par son positionnement original, sa facilité de manipulation et son adaptabilité à l’existant en termes d’outils de virtualisation en place, Systancia mérite d’être considérée dans les études de rationalisation des moyens et de refonte des procédures de gestion informatique.

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(*) analyste Duquesne Group


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