CES : AMD annonce un 'cloud' supercalculateur pour jeux 3D

Logiciels

Le “cloud massive supercomputer” vise les éditeurs de jeux vidéo, les producteurs d’effets spéciaux, les producteurs de mondes virtuels en 3D, opérateurs de mobiles…

Lors d’un ‘keynote’ sur le Salon CES de Las Vegas, AMD a présenté, ce 8 janvier, le projet d’un méga ordinateur “massif”, baptisé “Fusion Render Cloud“. Il a pour vocation de traiter et de distribuer électroniquement des jeux et autres “contenus complexes” à des utilisateurs connectés à distance – une architecture qui éviterait de recourir à des configurations hardware /software spécifiques et très lourdes, donc coûteuses.

Ce supercalculateur, conçu autour de processeurs AMD, doit être exploité par la société Otoy, proche d’AMD, laquelle développe du logiciel 3D et des effets spéciaux pour des studios de cinéma et des développeurs de jeux vidéo – a expliqué un dirigeant d’AMD.

Cette annonce d’AMD n’est pas une surprise, constate la presse américaine, dont le Wall Street Journal. Elle correspond en effet à une double tendance déjà observée dans l’industrie:

D’une part, on constate le développement de ‘chips’ graphiques spécialisés capables d’exécuter des calculs d’affichage notamment pour des usages généraux, jusqu’ici, le plus souvent, supportés par des processeurs spécialisés.

Suite au rachat d’ATI, AMD se revendique comme la seule firme qui fabrique à la fois des processeurs graphiques spécialisés (ou GPU, graphics processing units) et des processeurs “classiques” pour architectures X86, compatibles Intel.

L’autre tendance, c’est le “cloud computing” ou configuration informatique en nuage, qui repose sur l’utilisation de serveurs centraux et d’accès Internet à haut débit – la combinaison de ces deux facteurs permettant d’exécuter jusqu’à des centaines de millions d’opérations à la seconde.

Des rendus d’images de haute qualité

Lors de cette conférence sur le salon CES, des dirigeants d’AMD et d’Otoy ont présenté des démos montrant comment la conjugaison de logiciels Otoy et de processeurs graphiques AMD autorise des rendus d’images animées de très haute qualité et de comprimer ces images suffisamment pour pouvoir les envoyer via Internet – permettant ainsi à des utilisateurs distants de les exploiter à partir d’un simple navigateur Web, sans avoir à installer un logiciel particulier.

Dès lors que nous pouvons installer un tel jeu dans une configuration en “nuage”, nous pouvons alors y installer n’importe quelle application“, a expliqué Jules Urbach, directeur d’Otoy, cité par le WSJ.

Ainsi, hormis le support de jeux accessibles en réseau par des PC, de tels super-calculateurs assurant des rendus d’images animées pourraient être utilisés à partir de divers terminaux, mobiles, typiquement des “smartphones“, ou des ‘set-top’ boxes (boîtiers d’accès à des programmes TV/Internet) ou des PC portables notebooks ou netbooks… “tous types de terminaux susceptibles de tirer parti de chips graphiques spécialisés“, a expliqué Dirk Meyer, dirigeant d’AMD.

Ce supercalculateur devrait être capable de faire travailler ensemble jusqu’à un millier de processeurs graphiques. Il devrait être opérationnel dans le courant du 2è semestre 2009 chez Otoy, à Los Angeles.

Son utilisation pourrait intéresser des opérateurs mobiles ou des FAI (fournisseurs d’accès Internet) ou fournisseurs de contenus souhaitant envoyer des flux d’images animées ou des jeux vidéos à leurs abonnés. Une autre tendance consiste à proposer des “mondes virtuels en 3D”,

Aucune information financière sur ce programme -investissement, financement… – n’a été avancée lors de cette conférence.

AMD a juste précisé que l’alliance avec Otoy n’était pas exclusive et que d’autres sociétés, comme Dell, prévoient d’utiliser le sous-ensemble de chips‘ Dragon pour des PC de jeux ou consoles, dont le prix commence autour de 1.000 dollars. AMD n’a pas caché que ce projet survient à une période économique peu favorable, où la récession n’épargne pas l’industrie des ‘chips’. A preuve, l’avertissement donné par Intel sur ses ventes du 4è trimestre 2008 (lire notre article par ailleurs).


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