Rivalité Londres-Paris : les chiffres de la Tech City sont-ils bidonnés ?

Régulations

Le rapport annuel de la Tech City recense plus de 88 000 entreprises « du numérique » à Londres, mais ne précise par le nombre de start-up actives dans la filière. Paris déclare ne pas avoir à rougir de la comparaison et démonte les techniques de com’ de sa rivale d’outre-Manche.

Dans un rapport rendu public le mois dernier à l’occasion de son 3e anniversaire, la Tech City annonce fièrement que Londres abrite plus de 88 000 entreprises « du numérique » (contre près de 50 000 en 2009), sans toutefois préciser le nombre de start-up dans la filière (logiciel, matériel, services en ligne, ingénierie et conseil IT). Paris, qui cherche à promouvoir la French Tech – et se pose donc en concurrent de la Tech City pour l’implantation des jeunes pousses -, conteste vivement ces chiffres.

Le (très) Grand Londres

Pour Georges-Etienne Faure, conseiller auprès de Jean-Louis Missika, adjoint au Maire de Paris, chargé de l’Innovation, de la Recherche et des Universités, Londres berne son monde en mettant l’accent sur ces « 88 215 entreprises ». Celles-ci regroupent : les technologies, l’IT, les médias, la communication ainsi que les institutions financières, peut-on lire dans la méthodologie du rapport de la Tech City (p. 62 à 66).

« Cela inclut, de façon très large, les agences de presse, les chaînes de TV, les agences de pub, les architectes, les instituts de sondages, etc. », explique à la rédaction Georges-Etienne Faure. À titre de comparaison, la même requête effectuée pour Paris et ses environs (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), sur une base publique en ligne, donne aujourd’hui un total de « 68 738 sociétés », soit « un chiffre du même ordre de grandeur que Londres, et une densité bien supérieure ».

Or, Paris et sa petite couronne abritent 6,6 millions d’habitants sur 760 km² (dont  2,2 millions d’habitants sur 105 km² intra-muros), contre 8 millions d’habitants sur 1 572 km² pour Londres. « Si l’on élargit cette recherche à l’Île-de-France, on parvient à un nombre quasi identique de 87 000 sociétés », insiste le conseiller, qui précise que ces chiffres n’incluent pas – qui plus est – les auto-entrepreneurs.

Paris n’a pas à rougir

« Il est donc tout à fait erroné, sur la base de ces chiffres, de dire que Londres ‘distance Paris’ (à lire : Innovation : comment la Tech City de Londres distance Paris), cela ne correspond à aucune réalité économique », déclare Georges-Etienne Faure. « Tech city est très fort pour communiquer, mais même la presse anglaise commence à s’interroger. Le Guardian, par exemple, recense 137 ‘tech companies’ seulement dans la Tech City. En nombre de start-up (3 000) comme en nombre d’incubateurs (36), Paris n’a pas à rougir de la comparaison avec Londres », poursuit le conseiller innovation et TIC à la mairie de Paris.

De son côté, la Tech City reste évasive. « Il n’y a pas un nombre définitif de start-up situées dans la Tech City », déclare à la rédaction une porte-parole de l’organisation, avant de rappeler que le rapport « recense à Londres plus de 88 000 entreprises technologiques/numériques (de différentes tailles et à différents stades de croissance), qui emploient environ 582 000 personnes. »


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Auteur : Ariane Beky
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