Chine: BlackBerry contre RedBerry, la lutte s’annonce serrée

Régulations

Alors que RIM semble enfin avoir les mains libres pour adresser ce colossal marché, un service made in China fait son apparition

L’affaire NTP bouclée, RIM repart de l’avant. Le fabricant du célèbre BlackBerry lance des offensives tous azimuts. Le groupe canadien va d’abord lancer un terminal 3G, il multiplie les accords avec les géants du Web pour se faire une place dans le grand public. Et surtout, il annonce son intention d’adresser le colossal marché chinois.

Research In Motion est en effet sur le point de signer un accord avec l’opérateur China Mobile (Hong Kong) pour un lancement au cours du premier semestre 2006. Enfin, diront certains: RIM cherche depuis deux ans à pénétrer ce marché, mais Pékin lui a toujours fermé les portes. Le groupe pourrait trouver dans l’Empire du Milieu un levier de croissance très important. Rappelons que la Chine est le premier marché mondial du mobile avec 393 millions d’abonnés et 440 millions attendus cette année. Et, heureux hasard, China Mobile détient plus de 66% de ce marché. “Nos discussions avec China Mobile se passent très bien. Nous travaillons très étroitement et un accord devrait être trouvé prochainement, probablement d’ici le milieu de l’année”, a déclaré à Reuters Norm Lo, vice-président pour la région Asie Pacifique. En Asie, le BlackBerry est présent dans 11 pays, via des alliances passées avec 21 opérateurs télécoms. Si cet accord se confirme, RIM marquerait plusieurs points face à une concurrence (Nokia et Microsoft) de plus en plus active. Il pourrait très vite dynamiser sa base d’abonnés qui a franchi le cap des 5 millions de personnes dans le monde dont 70% aux Etats-Unis. Reste à connaître la position des autorités chinoises qui ont bloqué RIM le temps que l’industrie locale propose une solution similaire (sans oublier son angoisse de ne pas pouvoir contrôler les échanges de mails via le terminal). Ce qui est aujourd’hui chose faite ! China Unicom, deuxième opérateur du pays, annonce qu’il lancera à la fin du mois de mai un service de push e-mail baptisé… RedBerry. Non non, ce n’est pas de la contrefaçon ! China Unicom explique que “le nom RedBerry se veut une extension du nom BlackBerry déjà bien connu des gens, associé au rouge du nouveau logo de l’entreprise”. Sans blagues ? En gros ce service RedBerry sera en tout point ressemblant au BlackBerry mais selon toute vraisemblance, il sera bien moins cher que l’abonnement au service canadien. Bref, au moment même où RIM, après d’âpres négociations, s’ouvre enfin les portes du marché chinois, un système concurrent (pour ne pas dire identique) viendra lui couper l’herbe sous le pied. Mais autant de similitudes pourraient fortement irriter RIM et cette affaire BlackBerry vs. RedBerry risque de se retrouver devant les tribunaux.


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