Chine: Bull, France Télécom sont bien placés

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Parmi les 20 accords et contrats signés lors de la visite de Jacques Chirac en Chine, figurent des locomotives de l’univers IT -France Télécom et Bull en tête

La visite d’un chef d’Etat dans un pays ami s’accompagne traditionnellement d’accords commerciaux. Mais rarement on a vu si large délégation de grands capitaines de l’industrie. Car, aucun mystère n’était fait des visées des uns et des autres. Ce qui n’a pas empêché quelques déceptions.

Vingt accords et contrats ont été signés à Pékin ce samedi 9 octobre, en présence des chefs d’Etats français et chinois, dont six accords gouvernementaux, sur la coopération IT, le TGV, la lutte contre l’effet de serre, les maladies infectieuses, le cinéma et des accords de codéveloppement. Au total c’est un bouquet de 4 milliards d’euros. Ce qui augure bien de l’événement: l’ouverture de l’Année de la France en Chine. Quatorze accords industriels ont été signés : – Alstom est le grand vainqueur : 1,4 milliard de dollars pour la vente de 60 rames automotrices Emu, 180 locomotives de fret, et deux contrats pour la fourniture d’équipements hydroélectriques à trois provinces chinoises. – France Télécom a formalisé un accord de coopération en recherche et développement avec China Telecom. – En informatique, Bull commercialisera en Chine ses serveurs Novascale par l’intermédiaire du fabriquant d’ordinateurs Lenovo. Déception chez Airbus, qui n’a pu entendre que la confirmation d’une commande déjà négociée (cf. ci-après). La France, un partenaire encore à la traîne

Les relations industrielles et commerciales France-Chine ne sont pas (encore) à la hauteur des très encourageantes déclarations d’intention. Il faut néanmoins se réjouir des bonnes relations avec le groupe européen Airbus. Une commande de 20 modèles A330-200 a été confirmée par China Eastern. Six nouveaux appareils A319 vont être livrés. Et un accord de coopération industrielle a été signé avec des sous-traitants chinois. Car c’est une des contre-parties légitimes. Car pour le reste, il s’agit bien de co-développement. – La filiale hélicoptère d’EADS,

Eurocopter, a signé un accord pour le développement conjoint d’un hélicoptère de moyen tonnage avec Avic 2. – Dassault construira des voitures électriques avec l’équipementier Wanxiang. – Enfin, Suez construira et exploitera une usine d’eau potable dans la ville de Qingdao, à l’Est de la Chine. Et une lettre d’intention a été signée sur les céréales, avec des objectifs d’achats chinois pour 2004/2005. La grande déception était chez PSA Peugeot Citroën: le groupe automobile doit se contenter d’une lettre d’intention avec Bank of China pour coopérer sur le financement d’investissements dans le secteur automobile. Le poids économique de la France en Chine reste très en deça de ce qu’il pourrait être par rapport à ses concurrents occidentaux. Retard dans la logique du co-développement ou co-financement? Depuis plus d’une génération déjà, la Chine ne veut plus être seulement le plus grand atelier de la planète à bas prix… Or, la France bénéficie d’un capital de sympathie qui, paradoxalement, la place en tête dans les sondages en Chine. Cherchons l’erreur.


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